[CORSE-MATIN] Aider les buralistes corses à diversifier leur activité

[CORSE-MATIN] Aider les buralistes corses à diversifier leur activité

C’est l’objectif d’un fonds de transformation, récemment mis en place par le gouvernement, et présenté ce week-end aux professionnels insulaires. Un dispositif accueilli favorablement par une filière inquiète de son avenir.

C’est un dispositif qui pourrait bien donner une bouffée d’oxygène à une profession en pleine mutation. Le président de la Confédération nationale des buralistes, Philippe Coy, était ce week-end en visite sur l’Ile dans le cadre d’une tournée nationale prévoyant une dizaine de déplacements.

À Ajaccio vendredi soir puis à Borgo, le lendemain, il a présenté aux professionnels du secteur le fonds de transformation récemment mis en place par le gouvernement. Une enveloppe de 80 millions d’euros sur quatre ans, destinée à aider les buralistes à diversifier leur offre commerciale et à adapter leur activité aux usages et aux demandes nouvelles des consommateurs.

Le dispositif – dont la mise en oeuvre est en partie confiée aux douanes – prévoit la prise en charge d’une large gamme de travaux et équipements portant aussi bien sur les éléments extérieurs des commerces (devanture, signalétiques, carotte…) que sur leur aménagement intérieur (mobilier, outils numériques, outils d’encaissement…). Les sommes allouées par le fonds de transformation peuvent atteindre 30 (voire 40 % pour les petites échoppes) du montant total des investissements réalisés, dans une limite de 33 000 euros.

Audit gratuit

La mise en oeuvre de ce nouveau dispositif d’aide est censée être précédée d’un audit, réalisé par les chambres de commerce, permettant à chaque buraliste intéressé d’identifier les axes de développement souhaitables pour son point de vente.

Le coût de cet audit est normalement retranché du montant de la subvention allouée. Mais en Corse, les deux chambres de commerce ont jugé bon de donner un coup de pouce supplémentaire aux professionnels et se sont engagées, par la voix de leurs présidents Jean Dominici et Paul Marcaggi, à ce que les audits soient réalisés gratuitement.

Un train de mesures qui est accueilli très favorablement par une filière qui comptabilise, sur l’lle, 226 débitants et un millier d’emplois. « Ces aides à la transformation seront très utiles dans le rural où les buralistes peuvent devenir une véritable alternative à la disparition progressive des services publics de proximité, se réjouit José Oliva, président de Syndicat régional des débitants de tabac. En servant de relais colis, de perceptions pour les petits contribuables, de points de vente pour timbres fiscaux dématérialisés ou les tickets de trains, ils ont vocation à devenir des acteurs essentiels dans la vie de ces territoires. »

Un rendez-vous avec Gérald Darmanin

Une perspective d’autant plus intéressante que les débitants insulaires s’apprêtent à vivre des moments difficiles avec, à l’horizon 2021, la fin du régime fiscal dérogatoire sur le tabac et le passage au paquet à 10 euros. Une perspective qui inquiète beaucoup la profession.

Au point que José Oliva s’en est ouvert à Emmanuel Macron, lors de la venue de celui-ci à Cozzano le 4 avril dernier. « J’ai transmis au directeur de cabinet du président un courrier soulignant les inquiétudes de la profession et expliquant que nous souhaiterions bénéficier d’un certain nombre de mesures d’accompagnement pour que le retour aux tarifs nationaux se fasse progressivement et de manière pas trop abrupte« , explique-t-il.

Une démarche qui devrait déboucher, dans les prochains jours, sur une rencontre entre les représentants insulaires de la profession et le ministre du Budget Gérald Darmanin.

P.N / C.M