[CORSE-MATIN] Un programme de recherche pour les entreprises compétitives

[CORSE-MATIN] Un programme de recherche pour les entreprises compétitives

Favoriser les relations inter-organisationnelles et le développement d’écosystèmes productifs pour permettre aux TPE-PME de sortir de leur isolement, c’est l’objectif du programme RéSO TPE-PME de l’Université de Corse et la CCI 2B.

Quatre-vingt-quinze pour cent des entreprises insulaires comptent moins de dix salariés et nombre d’entre elles fonctionnent en circuit fermé, « chacune dans son coin faisant du multitâche », et si la volonté de sortir de ce mode autiste pour tendre vers un travail en commun est affirmée ça et là, les voies et moyens pour y parvenir restent obscurs.

Pourtant, les (rares) projets de coopération inter-organisationnelle ont porté leurs fruits, on ne peut mieux dire en citant l’exemple de la filière clémentine, devenue le fleuron de l’agroalimentaire corse.

Le développement d’écosystèmes productifs peut permettre aux TPE-PME de sortir de leur isolement, « de renforcer leur capacité à générer de la valeur ajoutée, à innover et à investir », c’est la philosophie du projet RéS0 TPE-PME (Répertoire scientifique et opérationnel des pratiques coopératives de TPE-PME), qui vise à l’amélioration de la compétitivité des entreprises à travers une compréhension approfondie et un accompagnement spécifique des stratégies de coopération.

« Innovant et ambitieux »

Ce programme de recherche inédit est porté par l’équipe « territoires, ressources et acteurs » de l’unité mixte de recherche 6240 Lisa CNRS – université de Corse, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie de Bastia et de la Haute-Corse (CCI 2B). Il bénéficie du soutien financier de la CTC et du soutien opérationnel de l’Adec.

Un projet « innovant et ambitieux », selon le président de la CCI 2B, Jean Dominici, qui en a présenté les grandes lignes hier, à l’hôtel consulaire à Bastia, en présence de l’ensemble des partenaires concernés. « Notre compagnie consulaire a répondu favorablement à la demande de collaboration de l’université de Corse car notre expertise, notre réseau professionnel notre connaissance des entreprises insulaires et du terrain permettront d’enrichir les réflexions menées par l’université et d’assurer l’interface avec les socioprofessionnels, a-t-il affirmé. Ce partenariat se concrétise par une collaboration dynamique autour de problématiques propres et d’enjeux spécifiques à nos entreprises insulaires ».

Un projet sur trois ans

Le président rappelait aussi l’intérêt de l’étude réalisée en 2019 par la CCI afin d’évaluer les impacts de l’insularité sur l’économie corse : « Ces travaux nous ont permis de produire un argumentaire économique mettant en avant en les chiffrant, les freins et surcoûts que doivent affronter nos TPE-PME pour exercer normalement leurs activités. »

D’une durée de trois ans, le projet sera conduit par quatorze chercheurs de l’université, des chercheurs des universités de Montpellier et de Clermont-Auvergne, il bénéficiera de l’appui d’un ingénieur d’études de l’université, et de trois techniciens de la CCI. Pour les coresponsables scientifiques du projet, parmi lesquels Thérèse Albertini et Patrice Terramorsi, maîtres de conférences, et Andréa Mattei, ingénieur d’études, à l’université de Corse, « il importe avant tout de comprendre comment se développent les relations inter-organisationnelles entre TPE-PME, d’élaborer une méthodologie d’analyse, d’accompagner des relations organisationnelles et de mesurer leur apport « .

Ils en sont convaincus, « les entreprises corses sont soumises à des contraintes fortes qui peuvent être levées par des actions de coopération. Et il faut mener de front recherche et action, faire en sorte que ce projet soit utile au territoire avant même son aboutissement « .

Le coût de ce programme est de 1,193 million d’euros, soit 996 000 euros financés par l’université et 227 000 par la CCI.

HELENE ROMANI