La Lettre | Aéroports : En “piste” pour une visite de chantier

La Lettre | Aéroports : En “piste” pour une visite de chantier

La CCI de Corse concentre ses efforts en direction d’un fonctionnement plus moderne, plus sûr et plus rationnel de ses aéroports. Coup de projecteur ce qui s’est fait et se fera à court terme à Bastia-Poretta sous l’impulsion de la Collectivité de Corse.

La CCI fait mieux que veiller à la gestion rigoureuse de ses concessions, mieux que leur assurer une exploitation optimale, elle est tout simplement, si on nous absout pour cette expression familière, « aux petits oignons » pour elles. Ce n’est pas la quête d’autosatisfaction qui la guide mais le souci constant de répondre, dans un environnement contraint, aux enjeux de confort, de sécurité, de fonctionnalité et de responsabilité écologique. Plusieurs millions d’eu-ros ont été et seront investis pour améliorer les infrastructures aéroportuaires de Bastia et de Calvi pour ne parler que de la Haute-Corse. À elles deux, elles cumulent, en 2021, 1,5 million de passagers.

Un résultat remarquable puisqu’il a été réalisé en seulement quelques mois, ceux du répit accordé par la crise sanitaire et, de surcroît, dans un contexte de restrictions draconiennes aux frontières. Des travaux ont été réalisés ces derniers mois. D’autres sont en cours et permettront d’aborder la saison dans les meilleures conditions d’accueil du public et des personnels. Des opérations de plus grande ampleur encore sont envisagées sur la décennie dans le cadre du Plan de transformation et d’inves-tissement pour la Corse. Mais dans le périmètre serré « passé-avenir » du court terme, la CCI de Corse s’est retroussée les manches pour piloter plusieurs ouvrages dont l’essentiel est décliné ici.

Bastia-Poretta se donne de l’espace

Une grande salle d’embarquement a été aménagée à l’étage de Bastia-Poretta. Les quatre comptoirs supplémentaires permettront ainsi de traiter jusqu’à 2 400 passagers par heure contre 1 500 jusqu’à présent. L’engorgement était devenu un problème, la saturation plus qu’un risque, une échéance. Elle est résorbée.

Toujours à l’étage, un « Centre Affaires » a été réalisé (salon, grande salle, petites salles, bureaux insonorisés, sanitaires, etc.) avec toute la logistique et les normes requises pour être converti en « PC Crise » si la situation l’exige. La surface du rez-de-chaussée a elle-même été agrandie côté piste et une nouvelle extension est prévue prochainement pour augmenter de 40 % la taille de la zone d’arrivée. Par ailleurs, l’espace dédié au contrôle des bagages à main et des titres de transport est actuellement en restructuration. Il s’agit de donner plus d’espace (130 mètres-carrés) aux quatre postes « inspection filtrage ». Les agents de sûreté pourront ainsi traiter jusqu’à 800 passagers de l’heure. Ces derniers passeront par deux portiques équipés de bornes de lecture de billets d’embarquement.

Ce nouvel aménagement aura également pour conséquence de déplacer le « Point Info » pour lui donner une meilleure visibilité. Par ailleurs, l’ensemble du système de chauffage et de climatisation a été progressivement changé pour être plus économe en énergie et l’eau chaude est désormais produite grâce à des équipements photovoltaïques sur le toit. À l’extérieur, côté montagne, le public a désormais à sa disposition un nouveau parking « longue durée » de 400 places et, côté mer, il a été procédé à la réfection de la route dite de service qui borde le tarmac le long de l’aérogare er sert de cheminement piéton pour les voyageurs. Il est important de souligner que malgré ces travaux d’envergure, le trafic et la marche normale de l’exploitation n’ont en rien été perturbés. Une prouesse.

À Calvi, tapis rouge à l’aviation d’affaires

Pour être très prisée des visiteurs, la Balagne a vocation à être de plus en plus, pour la Corse, « une destination dans la destination ». La CCI de Corse a anticipé sur l’amplification de ce phénomène d’attraction en élargissant notablement, grâce au programme piloté et financé à 100 % par la Collectivité de Corse qu’elle a supervisé, l’aire de stationnement dévolue à l’aviation d’affaires de la plateforme de Calvi-Sainte-Catherine en portant la capacité d’accueil de 3 à 12 Jet privés. De même, de nouvelles pistes ont été aménagées pour l’aviation générale et un aéroclub flambant neuf a été récemment créé. Pour compléter l’effort consenti sur ce segment important de l’activité aéroportuaire de la région, l’ensemble de ces appareils pourront bénéficier d’un dispositif d’avitaillement automatique, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

Plus généralement pour l’aviation commerciale, la capacité de stationnement a été augmentée à 19 postes et une nouvelle voie de circulation réalisée en à peine trois semaines. Si l’aérogare a fait l’objet d’importants aménagements en 2020 (un million d’euros investi), le programme des travaux se poursuit avec, entre autres, la réfection des sanitaires et de la toiture, le réaménagement du PC Exploitation et l’installation d’un système de radars de surveillance anti-intrusion pour la zone dédiée à l’aviation d’affaires et à l’aviation générale. Maître d’ouvrage, la CdC a investi plus de 4 millions d’euros sur ces opérations. Rappelons enfin que l’aéroport mise beaucoup sur le nouveau tracé d’approche par le col de Marsulinu qui, s’il est validé, donnera un nouvel élan à son trafic.

Des pélicandromes au « top »

Dans une région insulaire comme la nôtre, à la végétation dense et exposée à la sécheresse de manière chronique, les pélicandromes, ces infrastructures aéroportuaires destinées à assurer 24h/24 l’avitaillement des avions bombardiers d’eau, ont une importance stratégique fondamentale dans la lutte réactive contre les feux de forêts.

À Bastia-Poretta, la chambre a reçu, de la part de la Collectivité de Corse, double délégation de maîtrise, d’oeuvre et d’ouvrage, pour engager les travaux nécessaires à la mise aux normes du pélicandrome. Le chantier a été mené… à bon port. Désormais, deux appareils Q400 peuvent stationner simultanément et être avitaillés en produit retardant. Cette nouvelle génération de bombardiers, qui remplace celle des Tracker, propose des performances techniques et opérationnelles inégalées. Par ailleurs, son système de propulsion permet de réduire d’un tiers la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre.

Le pélicandrome de Calvi a fait l’objet de travaux encore plus importants car la Balagne est une place forte et centrale pour combattre les incendies. Ce sont quatre appareils qui peuvent stationner et bénéficier d’un tout nouveau dispositif d’avitaillement. De même, son élargissement l’autorise à accueillir des aéronefs aussi imposants que les Airbus A400 M Atlas (30 tonnes de charge) dédiés aux missions de transport stratégiques qu’ils soient militaires ou humanitaires.

Du nouveau pour la détection d’explosifs

Petite révolution dans le domaine de la sûreté à laquelle adhèrent nos aéroports. Elle prend la forme d’un tout nouveau dispositif – toujours placé dans la zone de filtrage – qui détecte instantanément la présence d’explosifs dans les bagages de cabine. Comme le font aujourd’hui les équipements radioscopiques traditionnels, à la différence de taille de près que les passagers n’ont plus besoin de sortir leur ordinateur portable ou leurs produits liquides de plus de 100 ml. Le contrôle est immédiat et automatique. Ce procédé de détection d’explosifs « dernier cri » présente de nombreux avantages. Il simplifie la vie des passagers et de travail des agents de sûreté et raccourcit sensiblement la durée de l’embarquement, ce qui s’avère particulièrement précieux dans les périodes de forte affluence. À Poretta, ils commenceront à compter du mois d’octobre. Le coût est assuré par la DGAC, la Direction générale de l’Aviation civile. Pour Bastia et Calvi, il s’élève au total à 10 millions d’euros.

Financé à 60% par la Collectivité de Corse

Pour les quatre opérations d’investissement menées par la CCI de Corse à Bastia (création de deux postes avions, travaux énergétiques de l’aérogare, aménagement d’un giratoire et réfection de la voie qui conduit les aéronefs jusqu’à la piste de décollage), la Collectivité de Corse a participé à hauteur de 60 %, soit 4,24 millions d’euros sur un total de 7,1 millions.

 

ARTICLE PARU DANS L’ÉDITION N°19 (MARS 2022) DE LA LETTRE – CCI DE CORSE

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