La Lettre | Création d’un “groupe inter consulaire” – partie 2

La Lettre | Création d’un “groupe inter consulaire” – partie 2

Corte, théâtre d’un acte fondateur.

La première réunion conjointe des deux bureaux a eu lieu le 28 juin à l’Université de Corse. Un lieu idéal pour « plancher » sur les actions de chacune des deux chambres qui ont vocation à être mutualisées… 

La formation sera certes au coeur du pacte entre les deux chambres consulaires mais le champ des possibles que laisse entrevoir ce rapprochement a une superficie beaucoup plus grande. La loi a institué le mariage entre ces deux grandes et belles maisons qui offrent un toit rassurant aux artisans et aux chefs d’entreprise présents et à venir mais derrière la figure juridique imposée, il y a des femmes et des hommes qui veulent se serrer les coudes pour le développement de leur territoire, pour que ses savoir-faire, matériels et immatériels, soient connus et appréciés du plus grand nombre. Le texte issu de la loi Pacte était nécessaire et attendu parce qu’il répond à un besoin d’union dans sa version formelle, axiomatique, mais il ne dit pas ou trop peu de l’ampleur de la solidarité, du désir d’avancer ensemble, de la valeur des ressources humaines que laisse espérer un avenir commun et partagé entre les deux chambres. Aussi, elles ne sont pas attardées sur les promesses théoriques de l’alliance. Les membres de leur bureau respectif, présidents en tête, se sont physiquement retrouvés le 28 juin dernier dans les locaux de la faculté de Droit de Corte pour inaugurer un cycle de rencontres qui, les unes après les autres, n’auront pas d’autre finalité que celle d’être au service des commerçants, des artisans, les chefs d’entreprises pour leur faciliter la vie mais aussi au service de cette jeunesse, telle qu’on l’a vue à la remise des diplômes sur nos campus de formation, avide d’apporter sa pierre à l’édifice d’un nouveau modèle économique qui lui ressemble, dynamique, innovante, créative… 

PROJET FINALISÉ ET VALIDÉ À LA RENTRÉE 

Si le partenariat va connaître un élan sans précédent, il est déjà puissant et ancien. Les liens qui unissent Jean Dominici à Jean-Charles Martinelli ont depuis longtemps dépassé le cadre de l’amitié pour investir celui de la convergence professionnelle et solidaire comme en témoignent les initiatives communes pendant la crise sanitaire avec le soutien inconditionnel de la Collectivité de Corse. La défense des entreprises en difficulté, l’accompagnement assidu en faveur de la création, de la reprise et de la transmission, le partage des antennes territorialisées sont des exemples parmi d’autres des affinités qui amarrent solidement CCI et CMA l’une à l’autre. « Ces actions communes, il s’agira de les améliorer et de les amplifier en veillant à ce que la feuille de route que nous allons tracer ensemble soit parfaitement connue et comprise de tous nos ressortissants ». Jean Dominici informe l’auditoire cortenais que dès la rentrée, le nouveau projet de partenariat sera finalisé et validé par les deux bureaux car chaque chambre conservera bien son identité propre. Bien sûr, il aurait été éminemment souhaitable que le processus de rapprochement fût déclenché beaucoup plus tôt mais le contentieux électoral consécutif à l’élection du président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, d’une part, et l’attente de l’adoption par l’Assemblée de Corse du Schéma Régional de Développement Économique d’Innovation et d’Internationalisation – SRDE2I – d’autre part, ont ralenti le calendrier. Nos deux institutions ne sont pas maîtres des horloges mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et pour forger un cadre opérationnel de nature à relever les enjeux économiques et sociaux de notre territoire.

Mais en l’occurrence, le retard prend plutôt ici la forme d’un signe providentiel de ponctualité. La reprise du dialogue entre la Corse et Paris ne revêt pas qu’une dimension institutionnelle pour esquisser le chemin d’un accord sur une autonomie proche de celle qui régit la plupart des îles de la Méditerranée. Les deux chambres ont oeuvré à l’intégration, dans la négociation, d’un sas économique et social à l’avenir statutaire de la Corse. Tous les volets sont indissociables. Et si on les garde tous ouverts, on ne craint plus l’obscurité.

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Quatre milliers, quatre partis pris

Le futur groupe interconsulaire reposera sur quatre piliers :

  • Business School : incubateur international et formations Bac + 3 à 6.
  •  Centre de Formation des Apprentis : du CAP à Bac + 5.
  • Centre de formation continue : 15 domaines d’intervention, 150 modules.
  • Labels et certifications Bachelor : Visa, RNCP, Qualiopi, etc.

La stratégie, elle, se déploie sur quatre 

partis pris :

L’internationalisation : recherche d’une ouverture à l’international pour chaque filière.

L’excellence : partenariats extérieurs de haut niveau et quête de certifications nationales et internationales.

L’innovation : création d’un Lab dédié et nouvelle pédagogie conforme aux bouleversements et enjeux de notre époque.

La territorialisation des campus : renforcer leur identité et les relations avec les jeunes, les salariés, les entreprises.

ARTICLE PARU DANS L’ÉDITION N°23 (Juillet-Août 2023) DE LA LETTRE – CCI DE CORSE

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