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La Lettre | Entretien avec Bruno Lemaire : “La Corse doit se saisir de l’opportunité d’une réforme constitutionnelle”

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[Corse-Matin] Une école de tourisme cinq étoiles au Palais des Congrès d’Ajaccio ?

Avec son projet d’école d’excellence, la chambre de commerce entend doper l’attractivité des métiers de l’hôtellerie et de la restauration, boudés par les Corses. Si son plan de formation est bien ficelé, la chambre consulaire et ses partenaires entament à peine leur tour des investisseurs.

Cela ressemble fort à la concrétisation d’un vieux serpent de mer. La Chambre de commerce et la Chambre des métiers et de l’artisanat ont récemment finalisé leur projet d’école “de tourisme, de l’événementiel et de l’hospitalité”. Un projet “d’excellence”, vantent-ils, dont l’ouverture pourrait avoir lieu à la rentrée 2024. Cette école “5 étoiles” devrait se doter d’un siège à la hauteur de ses ambitions : le palais des Congrès d’Ajaccio. D’une centaine d’élèves, l’effectif pourrait progressivement passer à quelque 300 étudiants, du CAP au MBA en passant par le BTS et le Bachelor.

Un projet dicté par la nécessité de former une main-d’œuvre qualifiée dans un secteur qui se heurte à d’importantes difficultés de recrutement. Avec une volonté de différenciation revendiquée : “Nous nous sommes demandé quel concept nous pourrions développer, qui ne soit pas une reprise des programmes existants”, relate Pascal Agostini, directeur de l’enseignement et de la formation à la CCI, et en charge du projet.

Plusieurs filières devraient être proposées, certaines faisant déjà partie de l’offre de formation de la CCI (CAP en cuisine ou pâtisserie, bac pro arts de la cuisine, etc), d’autres restant à créer. Cette partie-là est résolument la plus novatrice puisqu’elle a vocation à former des profils à forte valeur ajoutée sur le marché des métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. D’abord dans les métiers de bouche (sommellerie, cuisinier en dessert, etc.), d’accueil, ou en management.

Des partenariats prestigieux

Au total, une quinzaine de formations pourraient être créées, en partenariat avec l’École hôtelière d’Avignon et l’École de management de l’hôtellerie-restauration de Savignac. Un point fort pour ce projet, puisque des intervenants des deux prestigieuses institutions consulaires pourraient venir enseigner dans la future école ajaccienne. “Nous avons un corps d’intervenants de 110 experts de ces métiers. Nous pourrions aussi apporter une vraie ingénierie de programmes et de développement pédagogique”, vante Cyril Lanrezac, directeur de l’École de Savignac, qui y voit aussi l’occasion “d’asseoir la marque” de l’école. “Un projet gagnant-gagnant”, résume-t-il.

Autre atout de cette formation : sa dimension internationale, entre échanges d’étudiants et stage à l’étranger. Le consortium Chambre de commerce-Chambre d’agriculture a obtenu récemment l’agrément Erasmus + et entend bien en faire profiter ses élèves. La formation devrait en outre s’appuyer sur des équipements flambant neufs qui prendront place au restaurant du Palais des Congrès rénové, et sur les moyens de son réseau de partenaires, notamment l’Afpa.

Des emplois boudés

Objectif : créer des compétences qui dopent l’employabilité et constituent une vraie plus-value sur le marché du travail. À la tête de l’Union des Métiers et des Industries de l’hôtellerie (Umih) de Corse, Frédéric Ruiz se réjouit d’avance de voir des jeunes capables de “vendre des vins ou de faire de vrais desserts”“Moi, je cherche des bartenders (barmen, NDLR) capables de faire des cocktails créatifs, mais les bacs pro ne forment pas à cela”, explique-t-il. “J’en ai un peu marre de voir des jeunes du Continent embauchés dans des hôtels de luxe pour faire des cocktails et payés 4 000 euros par mois. Je préférerais voir des jeunes corses occuper ces postes”, déclare le chef de l’Umih.

Ces métiers pourraient-ils constituer l’eldorado d’un secteur d’activité dans lequel règnent en maîtres la précarité et les bas salaires ? Des emplois haut de gamme dont le niveau de rémunération serait susceptible de booster l’appétence des jeunes Corses pour des emplois qu’ils ont tendance à bouder, voilà l’aspiration de Frédéric Ruiz. Selon l’Insee, l’hébergement et la restauration représentent près de 17 500 emplois en Corse. Or, 36 % des personnes qui les occupent résident en dehors de l’île. Par ailleurs, les formations existantes ne semblent pas en mesure de fournir la main-d’œuvre nécessaire. En 2020, seuls 120 jeunes ont été formés à ces métiers en Corse.

Si le projet est en bonne voie, la CCI débute la semaine prochaine son tour des investisseurs. CdC, État, commune et Capa devraient être sollicités. Pour un montant que la CCI n’a pas encore communiqué.


En chiffres

  • 100 élèves pourraient être accueillis dès la rentrée 2024 au sein de cette école. Les acteurs impliqués espèrent passer progressivement à 300.
  • 120 jeunes seulement sont formés annuellement dans ce secteur d’activité, selon des éléments du rectorat et de la CdC.

LAETITIA GIANNECCHINI

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