CCI 2B

[CORSE-MATIN] Compru qui, scannez pour jouer et gagner gros

L’opération de la CCI de Corse est renouvelée cette année encore avec 325 000 euros de bons d’achat à dépenser avant le début des soldes. Les tickets sont numériques et accessibles sur les téléphones et tous les supports. Chaque joueur peut tenter trois fois sa chance le même jour.

Le Père Noël aura davantage de cadeaux dans sa grosse hotte et ce, avant la Noël. L’opération Compru qui de la CCI de Corse, elle, devrait connaître davantage de succès que les saisons précédentes. Et pour cause, Babbu Natale sera chargé de distribuer des tickets numériques cette année.

Fini les billets gagnants ou pas à récupérer dans les commerces participants à cette grande opération pour soutenir le commerce local et de proximité. Cette année Compru qui, et ce depuis le 1er décembre, passe à l’ère numérique et tous les tickets sont dématérialisés.

Un QR code est à la disposition de toutes les personnes intéressées. Pas question de vérifier un quelconque pass sanitaire, pour l’occasion il s’agira de faire gagner des bons d’achat d’une valeur de 50 ou 100 euros. Pour cela il suffira de scanner l’image pour être redirigé sur le portail dédié. Les joueurs pourront aussi et tout simplement se rendre sur le site compruqui.corsica pour tenter leur chance. Après avoir rentré nom, prénom et adresse mail, un ticket à gratter sera mis à disposition des joueurs qui verront apparaître soit le lot, soit la mention perdu.

« La reprise a besoin de se reconstruire dans un climat de confiance permettant à la fois aux commerçants de rompre avec les épreuves infligées par la crise sanitaire, de se tourner résolument vers l’avenir et d’investir dans des jours meilleurs mais aussi pour la population en général et les consommateurs en particulier: de se forger un nouveau moral et d’espérer un coup de pouce pour leur pouvoir d’achat En partenariat avec l’agence de développement économique de la Corse et le Cercle solidaire de la Mutuelle de la Corse, la CCI de Corse a pris l’initiative d’intégrer ces attentes à travers l’organisation, à une plus grande échelle qu’elle n’avait pu le faire par le passé, d’un grand jeu de fin d’année qui bénéficie d’une dotation tout à fait exceptionnelle de 325 000 euros de gains et ce sans obligation d’achat », a expliqué Jean Dominici président de la CCI de Corse.

5 500 tickets gagnants

Durant toute la durée de l’opération qui se terminera le 31 décembre et qui a débuté mercredi, pas moins de 5 500 tickets gagnants. Ils pourront être utilisés auprès de tous les commerces de proximité, y compris chez les cafetiers, hôteliers ou les restaurateurs participants à Compru qui.

« Tous les jours, nous allons mettre en jeu, sur le portail dédié 200 bons d’achat jusqu’à épuisement des stocks disponibles. Et si à la fin de l’opération, il reste quand même des bons d’achat non gagnés nous réaliserons un tirage au sort parmi les perdants pour que ces bons soient dépensés. Les gagnants auront jusqu’au 14 janvier, date officielle du début des soldes pour dépenser l’argent qu’ils auront ainsi gagné », a poursuivi Christophe Graziani directeur entreprises et territoires à la CCI de Corse.

Un cercle vertueux se met donc en place en cette fin d’année grâce encore une fois au travail effectué par la CCI de Corse. « C’est 325 000 euros de pouvoir d’achat qui sont offerts aux Corses mais c’est aussi une somme d’argent considérable qui sera réinjectée dans l’économie corse qui a grandement souffert de la pandémie. Ce qui est loin d’être négligeable. »

Un coup de pouce en fin d’année qui va permettre de rompre avec la morosité ambiante et de redonner de belles couleurs à ces fêtes de fin d’année.

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EN CHIFFRE

50 et 100 : ce sont les sommes des bons d’achat gagnants qui sont à découvrir en grattant les billets numériques de l’opération Compru qui. De quoi agrémenter les fêtes de fin d’année pour les plus chanceux.

Y.M.

[CORSE NET INFOS] “Compru Quì” : 325 000 € de bons d’achats à gagner chez les commerçants de proximité insulaires

A partir de ce 1er décembre et jusqu’au 31, la CCI de Corse met en jeu 5500 bons d’achats de 50 et 100€ à dépenser dans les commerces de proximité insulaires. L’occasion de se faire plaisir ou de faire plaisir tout en consommant local pendant les fêtes.

Qui n’aimerait pas gagner 50 ou 100 € à dépenser dans les commerces insulaires pour les fêtes de fin d’année ? Grâce à l’opération « Compru Quì », lancée pour la 6ème année par la Chambre de commerce et d’industrie de Corse (CCI) ce rêve devient réalité.  

Dès le 1er décembre et ce jusqu’au 31 décembre, chaque Corse pourra tenter de participer trois fois par jour au jeu concours sans conditions d’achat. Des bons de 50 et 100 € pourront être utilisés dans les quelques 2000 commerces partenaires de l’opération. « Beauté, restaurants, bars, hôtel, prêt à porter, espaces multimédias, librairies… il y a de quoi ravir tout le monde », assure Jean Dominici, président de la CCI. Et cette année « Compru Quì » grandit encore puisque 325 000 € seront mis en jeu contre 200 000 € l’an dernier à la même période. « Le but est de créer un cercle solidaire, de consommer local et donc de faire marcher les commerces de proximité », souligne le président de la CCI.

 Fini les tickets à gratter 

Pour la première fois, l’opération sera totalement dématérialisée pour limiter l’impact environnemental de l’impression des tickets. Pour participer c’est toujours aussi simple. Il suffit de scanner le QR code placé dans les commerces partenaires ou se rendre directement sur le site www.compruqui.corsica.

Un bon virtuel sera alors à gratter et indiquera si le ticket est gagnant ou non. En cas de gain, les coordonnées du participant (Nom, prénom et adresse mail), seront demandés et un chèque nominatif sera envoyé par courrier dans les jours suivants. Il suffira juste de dépenser ce bon dans un des commerces participants !

Livia Santana

Voir l’article sur Corse Net Infos

[CORSE-MATIN] Jean Dominici réélu à la CCI dans un maintien des équilibres

Équilibre entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud, dans la représentation des microrégions et des activités, c’est le secret de la liste menée par Jean Dominici. Le matin, Dominique di Menza prenait la tête de la CCI de Corse-du-Sud, avant la première vice-présidence territoriale.

L’événement est la quintessence de l’institutionnel. Codifié, quasiment ritualisé. L’élection du président de la CCI de Corse et de son bureau demeure un événement. La présence du préfet de Corse, du président de l’Exécutif de la CdC, des représentants de l’Assemblée de Corse et du Cesec sont incontournables.

Aucun enjeu hier après-midi dans la salle Sampiero du palais des congrès. Jean Dominici, candidat à sa propre succession, conduisait une liste unique qui se déclinait simultanément en Haute-Corse et en Corse-du-Sud.

Autant dire que – le quorum étant largement atteint – le vote à main levée était une formalité.

Pour autant, Paul Trojani, doyen de séance, chargé de procéder au scrutin, n’a pas hésité à qualifier le moment « d’historique ».

Une thématique reprise par le président Jean Dominici. « Il y a moins de dix ans, nous étions encore rattachés à la région Paca », a-t-il rappelé, avant de souligner le travail des acteurs de l’économie insulaire pour gommer les rivalités Nord-Sud, pour s’adapter aux nouvelles réglementations, pour maintenir les équilibres financiers malgré les baisses de dotations.

Il a également insisté sur le volontarisme des entrepreneurs corses et sur leur implication dans l’institution consulaire.

« Cette chambre est la mieux élue de France métropolitaine avec 17 % de participation contre 6 % en moyenne dans les autres régions », a-t-il fait remarquer.

Le vote proprement dit a bel et bien été une formalité. Jean Dominici a retrouvé son siège, à l’unanimité. Les deux présidents des CCI locales de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Pierre Orsini et Dominique di Menza étant, d’office, vice-présidents, avec, pour Dominique di Menza, le poste de première vice-présidente. La composition du bureau et celle des commissions ont été également approuvées à l’unanimité.

Il faut souligner que le bureau comme les commissions ont été composés de manière à respecter tous les équilibres, entre le Nord et le Sud, avec un nombre pair de membres du bureau, dans la représentation des microrégions (avec des sièges en plus pour faire une place à la Balagne et à l’Extrême-Sud). Et il était bien clair que tout avait été préparé en amont pour qu’aucun couac ne vienne s’inviter en séance.

Le souvenir de Jacques Nacer

Bien évidemment, dans cette salle Sampiero du palais des congrès qui donne l’impression d’être à bord d’un paquebot, il était impossible de ne pas évoquer le souvenir de Jacques Nacer, symbole des difficultés allant jusqu’au drame, vécues par les représentants du monde économique. Un hommage a été apporté au président assassiné, tant par Jean Dominici, que par le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni.

Un hommage différent mais tout aussi significatif a été apporté à Paul Marcaggi qui n’a pas souhaité poursuivre son mandat. Ce dernier a donc très logiquement pris la parole pour féliciter la nouvelle présidente de Corse-du-Sud – élue le matin même – et assurer qu’il apportera son « soutien le plus total à la nouvelle mandature ».

Un ballet bien réglé donc, sur fond de consensus.

Paroles parallèles

Mais lorsqu’on parle de questions économiques, la politique n’est jamais très loin. D’autant que le protocole et le hasard sont parfois farceurs. Placés côte à côte à la tribune, le préfet Lelarge et le président Simeoni n’ont peut-être pas vu, dans leur dos, le navire de la Corsica Ferries qui a été, de longues minutes, leur arrière-plan.

De fait, le président du Conseil exécutif et le représentant de l’État ont avancé sur des voies parallèles lors de leurs prises de parole.

Au milieu des chefs d’entreprise corses, Gilles Simeoni est «à la maison ». La chaleur du ton, lorsqu’il les félicite d’avoir collectivement surmonté les séries d’épreuves des dernières années ne trompe pas.

Et bien évidemment, l’habitué des scrutins qu’il est se réjouit du taux de participation à cette élection mais il ne résiste pas au plaisir de la « petite phrase ».

« Les taquins, M. le préfet, diront qu’il ne suffit pas d’être bien élu pour être écouté, voire respecté », lance-t-il.

Impassible, Pascal Lelarge ne bouge pas un cil. Et ne relèvera pas le gant du trait d’esprit lors de sa propre prise de parole.

Après avoir loué les synergies entre tous les acteurs, au plus fort de la crise Covid, Gilles Simeoni plaide pour un modèle économique de l’après-crise, axé sur le développement durable, l’économie circulaire et la justice sociale en rappelant à tous que : « Historiquement, les Corses sont un peuple et que géographiquement, la Corse est une ile de la Méditerranée. »

Bien plus technique, le préfet Lelarge a bien évidemment félicité les nouveaux élus. Mais également le travail accompli. « J’ai pu constater votre professionnalisme dans la gestion des équipements », a-t-il souligné, avant de préciser que cela n’allait pas de soi dans toutes les régions. Il a loué une « implication des acteurs économiques qui fait sens » et encouragé le dynamisme des acteurs économique dans « la construction, l’urbanisme et le tourisme ».

Chacun, il est clair, mesure l’importance du monde économique. Mais pas forcément dans une vision identique du développement de la Corse.

ISABELLE LUCCIONI

[CORSE-MATIN] La Chambre de commerce veut bâtir son nouveau modèle

Avant l’installation de la chambre consulaire régionale, la journée post-électorale de formation des nouveaux élus était placée, hier, sur le campus cortenais, sous le signe des nouvelles ambitions. La volonté de devenir un « bras armé » de la Collectivité de Corse a été réaffirmée.

C’est l’histoire de son propre monde que le chef d’entreprise ne connaît pas forcément. Elle a commencé en… 1599. En ce temps-là, à Marseille, les commerces décidaient de se rapprocher, éprouvant le besoin d’être solidaires pour assumer une vocation exportatrice vers le bassin méditerranéen. La toute première chambre de commerce qui ne disait pas encore son nom venait pourtant de voir le jour, s’ouvrant sur un destin aux fortunes diverses.

Cette histoire dont le fil n’a jamais été rompu jusqu’à nos jours, Remco Wallig a jugé bon de la raconter, hier, dans les locaux de l’Institut universitaire de technologie de Corte. Le consultant de la Chambre de commerce et d’industrie de Corse était là pour animer une journée de formation à l’attention des élus. Il aura pris soin de leur expliquer en quoi allait consister leur mission, et dans quel monde ils se préparaient à évoluer dans la foulée d’une élection, pendant un mandat de 5 ans.

Ce monde, c’est d’abord, aujourd’hui, celui des 75 chambres régionales ou territoriales. Une nouvelle donne issue de nombreuses fusions, le temps d’un basculement qui transforme les anciennes entités départementales en CCI « locales ». En haut de la pyramide, CCI France, « la tête d’un système centralisé », observe le consultant qui ne cache pas sa sensibilité girondine en décrivant un mécanisme « inexplicable » au coeur duquel deux chambres de commerce, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, sont rattachées à des collectivités. « Il y a sûrement des idées à y puiser », glisse l’animateur de cette journée en se tournant vers les cadres d’une chambre régionale corse concentrés sur la construction d’un nouveau modèle, lequel est supposé amorcer un tournant sans précédent.

Le projet est dans tous les esprits, d’abord celui de Jean Dominici qui, tout en réaffirmant la volonté de la Chambre qu’il préside d’oeuvrer pour « remettre les enjeux économiques à la place qu’ils méritent », entend « réformer la CCI et mettre en place un nouveau modèle consulaire pour la Corse ». Et d’ajouter : « Le modèle national dans lequel nous sommes empêtrés pour l’instant vient de démontrer à nouveau ses limites lors de l’élection consulaire avec une participation moyenne de l’ordre de 6 %, la baisse continue des ressources et la transformation des CCI en opérateurs privés condamnés à vivre de prestations facturées aux commerçants et chefs d’entreprise. Ce modèle n’a aucune chance de prospérer en Corse, encore moins d’y trouver la place centrale que nous ambitionnons de lui donner. » Construire un modèle qui s’appuierait sur une articulation Collectivité de Corse-Chambre de commerce et d’industrie.

Tel est le projet, « simple et efficace qui nous permettra de stabiliser notre rôle et de développer nos investissements dans le domaine des transports , des aménagements portuaires et aéroportuaires si importants, mais également dans les enjeux de formation et d’accompagnement des entreprises et des territoires », explique Jean Dominici qui n’est pas le seul à y croire. En marge de la journée de formation, les discussions révèlent une conviction unanime. Celle d’avoir fait le bon choix.

Cadres et élus consulaires insistent tout particulièrement sur des desseins qui s’inscrivent dans une logique institutionnelle. Celle d’une collectivité unique qui invite à la cohérence et à la simplification. Plus jeune Chambre régionale de France, la CCI de Corse a été créée en 2011. Évoluant seulement, durant une décennie, dans un simple rôle de coordination, son destin s’est incontestablement accéléré au début de l’année dernière grâce à l’union consulaire qui a fait de la Chambre régionale le seul établissement public à personnalité morale sur le territoire insulaire.

« Nous travaillons désormais à la phase 2, poursuit Philippe Albertini, directeur général de la CCI. Sortir du schéma national pour devenir un bras armé de la Collectivité de Corse. Son outil opérationnel taillé pour mettre en oeuvre les politiques publiques. » Précisant que cette orientation n’est en aucun cas une obligation, qu’elle a constitué « un choix positif », le DG y voit malgré tout un préalable. « Si on veut se rapprocher de la CdC, il faut qu’on se configure de la même manière. Pour que l’arrimage du vaisseau puisse se faire dans sa logique et sa symétrie. »

« Faire de nos aéroports une plaque tournante méditerranéenne »

Une réforme dans ce sens permettrait aussi à la chambre d’éviter d’être exposée à un appel d’offres dans le cadre duquel tout est possible. « On n’a pas les moyens de Veolia », confie un élu. Il s’agit, pour la CCI de Corse, de s’extraire « d’un modèle mortifère, qui impose un toboggan budgétaire, la facturation aberrante de nos prestations, estime Philippe Albertini. Ce modèle offre un double avantage. On échappe à un sort funeste et on crée un cercle vertueux, simple et efficace. » Une option qui, au-delà de garantir la survie de l’outil, le conforterait dans l’efficacité de sa mission.

Le directeur général en est persuadé. « Un exemple, la gestion des aéroports. Ces derniers s’inscrivent aujourd’hui dans une gestion parcellaire par rapport à leurs propres enjeux. L’idée est de créer un système aéroportuaire de quatre plateformes qui travaillent ensemble pour se positionner de manière compacte sur le marché du transport aérien. On représente quand même 4 millions de passagers. Au lieu d’être des aéroports provinciaux de taille moyenne, on peut devenir, en se hissant à la hauteur des enjeux de l’échelle systémique, une plaque tournante du transport aérien en Méditerranée. »

La CCI s’appuie sur des résultats qu’elle juge encourageants, dans un contexte de transition. Notamment les conclusions d’une enquête nationale sur la performance des Chambres régionales réalisée par un cabinet indépendant. La chambre de Corse y obtient la meilleure note. L’enquête révèle par ailleurs que 40 % des entreprises corses jugent positif l’impact de leur instance consulaire. La moyenne nationale dépasse à peine les 20 %.

Si la mandature de 5 ans qui vient de s’ouvrir va être en partie consacrée à la construction de ce nouveau modèle, le calendrier demeure incertain. Prévue dès le mois de janvier en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, la loi 3DS constituerait le véhicule législatif le plus efficace. Un texte spécifique risquerait de prendre plus de temps, tout comme une hypothétique réforme consulaire nationale.

Confirmant sa vision girondine, Remco Wallig considère pour sa part que ce modèle est « adapté à une chambre régionale comme celle de Corse. On est déjà dans un cadre culturel, linguistique, géographique et institutionnel avec une collectivité qui a beaucoup de compétences. On n’est pas encore dans le virage, mais tout le monde se prépare à le négocier. L’article 46 de la loi Pacte le permet. »

La CCI tiendra un nouveau séminaire dès le premier trimestre 2022. Il y sera largement question de cet avenir vers lequel elle veut tendre à tout prix.

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Dominique Di Menza, élus d’une nouvelle ère

« Rapprocher les gens du sud de ceux du nord, ça n’a pas été facile, mais aujourd’hui, ça marche.»

Si les cadres de la chambre régionale savent à quel point l’union régionale a mobilisé les énergies, ils entendent désormais capitaliser sur une nouvelle donne consulaire pour transformer l’essai. Hier, dans l’amphi Ghjuvan-Battista-Acquaviva de l’Institut universitaire de technologie, la coloration interdépartementale faisait plaisir à voir, la présence d’acteurs économiques nouvellement élus n’était pas moins réjouissante.

Dominique Di Menza fait partie de ces chefs d’entreprise insulaires plongés dans la vie de la CCI, « depuis à peine 15 jours », avoue en souriant celle qui dirige, à Porto-Vecchio, une affaire de construction immobilière, parallèlement à un poste de directrice financière pour un groupe du même secteur économique. Ce qui l’a poussée vers la chambre régionale ? « Le regard circonspect que portaient les entreprises sur la CCI. Je constatais que nombreux étaient les acteurs qui ne voyaient pas l’intérêt d’avoir une chambre performante, à même d’aider les entreprises. Financièrement, par la formation et beaucoup d’autres choses. Voilà pourquoi, j’avais envie de m’investir. C’est chose faite aujourd’hui. »

Hier, Dominique Di Menza n’a pas perdu une miette de la journée cortenaise d’information. Un séminaire qu’elle a trouvé très dense. « Je ne pense pas que l’on retiendra tout le contenu dans le moindre détail, mais pour des nouveaux comme moi, il est important de savoir et de comprendre qui fait quoi, et dans quelle mesure. »

La nouvelle élue ne sait pas encore dans quel domaine elle va s’investir au sein de l’instance consulaire, mais elle a quelques idées. « Peut-être dans la formation, la gestion des aéroports… Je dois en discuter avec le président . Ce qui est important, c’est que je puisse être utile », insiste celle qui croit aussi à la pertinence du nouveau modèle dans lequel la CCI s’oriente. « C’est une nouvelle ère qui va s’ouvrir, je crois qu’il faut jouer cette carte à fond ».

NOËL KRUSLIN

[CORSE-MATIN] Le poids de la dette obscurcit l’horizon économique 2022

Remboursement du PGE, risque de défaillance d’entreprises, financements du PTIC revu à la baisse et panne de main-d’oeuvre. Confrontés à ces réalités conjoncturelles, les acteurs économiques savent qu’ils doivent miser sur le développement et notamment sur l’innovation.

Lorsque le monde économique et le monde politique parlent d’une seule voix, le discours sonne encore plus grave et les objectifs semblent plus pressants. Hier, pour la deuxième fois en un semestre, les acteurs économiques de la Cab avaient rendez-vous avec les réalités du territoire. Autour du président de l’intercommunalité, Louis Pozzo di Borgo, les présidents des chambres consulaires, le Medef et l’Adec, ont posé sur la table, problématiques et projets, pour évoquer la conjoncture et construire une politique de proximité.

« Le mur de dettes se rapproche »

Après une saison estivale « encourageante » et un semblant de relance amorcé, l’horizon de ces prochains mois pourrait être moins dégagé en Corse. « Nous allons vers quelques mois difficiles avec ce mur de dettes qui s’approche », a reconnu Louis Pozzo di Borgo faisant référence aux prêts garantis par l’État (PGE) et aux reports de charges sociales accordés pour soutenir les 6 500 entreprises touchées par la pandémie de coronavirus. « Nous avons retrouvé un niveau d’activité comparable à celui de 2019 mais si on se projette, il reste 1,4 milliard de dettes qu’il va falloir payer dans un temps réduit », poursuit Alex Vinciguerra.

Le président de l’Agence de développement de Corse (Adec) livre, démonstration à l’appui, que le remboursement de cette dette aura des répercussions sur la dynamique économique du territoire et la compétitivité des entreprises. « Celles qui remboursent le PGE ne pourront pas investir. Et sur les 6 500 entreprises qui y ont souscrit, un bon millier va se trouver en difficulté pour le rembourser. » La défaillance des entreprises et le risque d’inflation, avec une remontée des taux bancaires, préoccupent les acteurs économiques. Selon le Medef, seules 20 % des entreprises auraient soldé à ce jour leur PGE.

Et si l’année 2022 pourrait être difficile pour la Corse, c’est aussi parce qu’elle sera la grande absente du plan France relance 2030. Et pour cause, rares sont les entreprises insulaires en capacité d’entrer dans la course de l’innovation, de l’industrialisation ou de l’indépendance environnementale. Faut-il alors imaginer une nouvelle politique économique régionale pour faire rentrer la Corse dans cette dynamique ?

La panne en matière d’ingénierie de projets restera alors à corriger sur le territoire pour y concourir, comme a fait remarquer la CCI.

« Imaginer une politique de sortie de crise »

Du côté de la région, on travaille déjà à un plan de sauvetage qui repose « sur la mise en oeuvre d’outils financiers afin de diminuer le risque pris par les banques ». Prêts participatifs ou avances remboursables pour aider les entreprises à consolider leurs dettes auprès des banques, toutes les formules sont à l’étude. Un rapport sera présenté en ce sens lors de la prochaine session de l’Assemblée de Corse.

« Il faut imaginer des politiques de sorties de crise », insiste le président de l’Adec. « Il ne suffira plus d’appuyer sur ce qui fonctionne le plus vite », note Philippe Albertini conscient que la crise a induit de profonds changements. « Qui pouvait imaginer que la limite économique actuelle serait le manque de main-d’oeuvre pour que les acteurs économiques puissent opérer ? » Un chapitre ouvert également par Charles Zuccarelli, président du Medef, qui donnera lieu à de prochains échanges.

Les programmes d’espaces dédiés à l’innovation menés par la Cab s’inscrivent dans ce droit fil. Après la fabrique à projets Avvià pour répondre aux attentes des entreprises et éviter leur fuite du territoire, le futur « pôle innovation » qui devrait voir jour fin 2023 sur le port de Toga illustre la vision de l’entrepreneuriat de demain désireux d’aller sur de nouveaux marchés.

Un PTIC moins généreux

Autre pierre d’achoppement qui pourrait freiner le développement économique du territoire : les soudains coups de freins actionnés par l’État. Modulations des règles, variations des taux, le plan de transformation et d’investissement pour la Corse (PTIC) signée au printemps dernier à Bastia sera-t-il fidèle à ses promesses ?

« Nous attendons l’aboutissement de plusieurs dossiers majeurs mais nous rencontrons des contretemps liés à des changements de règles. Au départ, étaient annoncés des financements à hauteur de 80 % mais ils oscillent finalement entre 30 % et 70 % ce qui est forcément loin de nos attentes et notre PPI en est fragilisé. On nous demande aussi que nos projets soient viables économiquement mais dans le service public tout ne l’est pas ! » Ce revirement pourrait-il retarder ou contraindre la Cab, comme d’autres collectivités, à annuler des programmes ? Devront-elles partir en quête d’autres financeurs ? Pour l’heure, aucun changement de cap n’a été annoncé.

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EN CHIFFRES

1,3 milliard

C’est le montant des prêts garantis par l’État (PGE) accordés en Corse pour traverser la crise sanitaire alors que le PIB de l’île pèse moins de 10 milliards par an (il était de 9,4 milliards d’euros en 2018 selon l’Insee).

JULIE QUILICI-ORLANDI