Revue de presse

[CORSE-MATIN] COVID-19 – Dépistage à Stella Mare pour les personnels des ports

Dans le cadre de l’étude épidémiologique réalisée par l’Université de Corse, en partenariat avec le Syndicat professionnel de transporteurs et la Chambre régionale de commerce et d’industrie, une campagne d’autotest au Covid-19 est lancée pour les personnels du port de commerce de Bastia.

Cette opération est une première phase expérimentale, qui pourrait être reconduite à toutes les plateformes portuaires insulaires. Depuis déjà trois jours, c’est environ 300 personnes qui sont venues se faire tester sur le site de Stella Mare, à Biguglia. Cette campagne a pour but de déceler si les personnels ont été en contact avec le virus et s’ils ont développé des anticorps contre ce dernier. Le test s’effectue par prélèvement, sur le bout du doigt, d’une goutte de sang permettant d’obtenir un résultat en seulement dix minutes.

Ce test est donc sérologique, et non pas virologique, ce qu’explique Vincent Castola, le doyen de la faculté des sciences de l’Université de Corse. « L’objectif de l’étude n’est pas de déceler si ces professionnels sont actuellement porteurs du virus, c’est de voir combien d’entre eux ont pu l’être depuis le début de la crise. À ce jour 561 tests ont déjà été effectués, le taux de positivité est de 3,2%. Sachant qu’il s’agit d’un groupe de travailleurs plus exposés que la moyenne aux risques sanitaires, le pourcentage est encore plus faible sur la population globale de l’île. La finalité de cette recherche est d’évaluer le taux d’anticorps et la durée de l’immunité dirigée contre la Covid-19, tout en élaborant un plan de continuité à mettre en oeuvre en cas de rebond de l’épidémie ».

À l’origine du don des 300 tests, le Syndicat professionnel des transporteurs corses est prêt à renouveler ce partenariat avec la CCI sur l’ensemble des ports de l’île. « Nous avons, pendant la période de confinement acheté plus de 5000 tests que nous sommes allés chercher aux Pays-Bas » explique Jacques Bindinelli, vice-président du SPTC. « Reçus au mois d’avril, nous en avons distribué à toutes les structures pratiquant des tests Covid et nous avons testé l’ensemble du personnel des entreprises de transports. Nous venons désormais de trouver un accord avec la chambre de commerce pour que son personnel et celui du port de commerce de Bastia puissent être examinés. Notre stock nous permettrait d’élargir cette opération sur toutes les zones portuaires de la région ».

Si cette démarche expérimentale s’avère concluante, elle pourrait être reconduite avec un processus organisationnel rodé, qui testera d’abord le personnel des autres plateformes maritimes de Corse puis s’articulera autour de l’ensemble des corps de métiers s’exposant chaque jour au risque du virus.

PIERRE-YVES PIETRI

[CORSE NET INFOS] Covid-19 : une campagne de dépistage massif sur le port de Bastia

Le syndicat professionnel des transporteurs corses a financé l’achat de 300 tests sérologiques pour mettre en place une campagne de dépistage au Covid-19 sur le port de Bastia.

Initiée en partenariat avec la CCI de Corse cette opération est réalisée par l’Université de Corse dans le cadre de l’étude épidémiologique que les chercheurs mènent depuis plusieurs mois. D’autres campagnes pourraient avoir lieu dans autres ports de l’ile.

Ce sont déjà près de 300 personnes travaillant sur le port de commerce de Bastia qui ont été testées, depuis mardi 21 juillet, au Covid-19. Cette campagne de tests sérologiques à grande échelle est destinée à identifier si parmi les travailleurs du port, certains ont été en contact avec le virus et s’ils ont développé des anticorps contre celui-ci.
Cette opération, qui participe aussi à l’échantillonnage de l’étude épidémiologique menée par l’Université de Corse, a pu être réalisé grâce à l’étroite collaboration entre l’université, la CCI de Corse et le syndicat professionnel des transporteurs corses qui a financé l’achat des tests.

« Pendant le confinement nous avons contribué à l’acheminement des premiers test pour en faire bénéficier nos salariés », souligne le vice-président du SPTC, Jacques Bindinelli « C’est dans ce cadre que nous avons eu l’idée d’en faire bénéficier la population portuaire de Bastia particulièrement exposée à la Covid 19. Mais cette première phase expérimentale pourrait bientôt être reconduite à toutes les plateformes portuaires de l’île. »

Un test sérologique Covid-19 en deux minutes

Ces tests, qui peuvent être réalisés en deux minutes par une simple goutte de sang prélevée au bout du doigt, entrent dans un programme de recherche en situation d’urgence porté par l’Université de Corse, nous explique Vincent Castola, doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Corse.  « ​L’objectif de cette campagne – précise le professeur – est de mener une étude épidémiologique opérationnelle et ciblée afin de déterminer l’incidence de l’infection au sein des personnels portuaires de Bastia qui sont à forte exposition au Covid-19. »

Ces tests, qui bénéficient de l’homologation Européenne, ont donc pour vocation de réaliser un criblage rapide des populations ciblées à la fois pour évaluer le statut de la réponse immunitaire à l’échelle des populations cibles à forte exposition au Covid-19 et pour protéger les personnes positives par une prise en charge rapide.

Seulement 3,2% des 300 personnes travaillant sur le port de commerce de Bastia qui ont été testés au Covid 19, depuis mardi, ont développé des anticorps, autrement dit, sont rentrés en contact avec le virus dans les deux derniers mois. Le test sérologique en effet, n’indique pas si l’on est malade, mais si l’on a développé des anticorps. Il s’adresse donc aux personnes qui craignent d’avoir attrapé le Covid-19 par le passé.

Contrairement au test PCR par prélèvement nasal (qui détermine la présence du virus dans l’organisme et qui indique si la personne est malade ou pas), le test par prélèvement sanguin révèle la présence d’anticorps produits par l’organisme contre le Covid-19. Il renseigne donc sur le fait d’avoir été en contact ou non avec le virus.

Se faire tester au Covid-19 rapidement et sans ordonnance est possible aussi pour le reste de la population. Depuis le samedi 11 juillet 2020, les pharmacies sont autorisées à réaliser des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD).

MV

Voir l’article et l’interview sur Corse Net Infos

[CORSE NET INFOS] Air France dans le collimateur de la CCI de Corse

Pour le président de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie de Corse « la coupe est pleine » et lors d’une conférence de presse qui a eu lieu ce 15 juillet à Bastia, Jean Dominici a tiré à boulets rouges sur la compagnie aérienne Air France. Autour de la table de nombreux socioprofessionnels mécontents, eux aussi, des errances de la compagnie aérienne.

Avant de lister ses griefs contre Air France, Jean Dominici a tenu à revenir sur les actions de la Chambre dans la lutte contre la crise du Covid-19. « Nous avons travaillé durant de longues semaines avec les autorités, les socioprofessionnels, nos équipes pour créer, recréer les conditions du redémarrage des connexions aériennes et maritimes de la Corse en dehors et en plus des lignes du service public ».

Le président a ainsi annoncé des mesures de marketing avec une aide aux compagnies pour reprogrammer la destination Corse, mesures d’un budget dépassant les 5 M€, pour éviter le risque d’une saison totalement blanche. Autre mesure, celle de sécurisation des flux et des populations en lien avec l’ARS, les services préfectoraux et les compagnies de transport. Un vaste plan a été activé sur les 10 ports et aéroports de l’île comprenant notamment des contrôles de températures aux arrivées.

Si le Jean Dominici se félicite du bon travail accompli, il souligne que tous les opérateurs n’ont pas joué le rôle attendu « La compagnie Air France s’est illustrée de bien sombre manière sur le réseau OSP (Obligations de Service Public) avec des annulations en cascade pour finalement 32 lignes de moins que l’an dernier, et, pire, près de 130 000 sièges annulés alors qu’ils avaient été programmés pour 2020 au début du mois de mai. Tout ceci doublé d’une quasi-absence de services clients, d’information et a fortiori d’accompagnement des usagers désorientés pour leur proposer des solutions de re-routage raisonnables ».

Jean Dominici a également dénoncé les prix pratiqués par la compagnie aérienne. « Les prix pratiqués sont apparus très élevés, bien plus élevés que les autres années, ce qui chacun en conviendra constitue dans le contexte un effet d’aubaine inacceptable ».
En résumé, pour la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie, ce sont 2 « vrais et sérieux problèmes qui sont venus entraver nos efforts et ceux des acteurs économiques de la Corse dans la lutte contre la crise : le para commercialisme dans l’hébergement marchand et l’attitude contreproductive du groupe Air France qui est loin de démontrer l’engagement que nous attendions pour soutenir la Corse dans cette épreuve ».

Jean Dominici a souligné que le préfet de Corse avait été saisi et qu’un rendez-vous au plus haut niveau de la compagnie avait été demandé. « Nous sommes déterminés à ce que des solutions urgentes soient mises en face de chacun des problèmes identifiés ».

Du coté des socioprofessionnels on se range en ordre de bataille derrière la CCI

« Une question se pose » déclare Jean-Pierre Pinelli, propriétaire de l’hôtel La Villa à Calvi, membre du Cercle des Grandes Maisons Corses, « Dans le cadre de l’OSP et de la continuité territoriale, cela dotation et le cahier des charges sont-ils toujours d’actualité ? Le cahier des charges n’est pas abouti, il convenait il y a quelques années, plus aujourd’hui. Ne pensez-vous pas qu’il serait possible de le réviser ? Au sujet de l’OSP, il convient de réfléchir à ce qui conviendrait le mieux à l’économie, comme l’étalement de la saison touristique ».

Absence de rencontres avec les élus territoriaux

L’hôtelier souligne aussi avoir rencontré la direction d’Air France qui lui a fait part de son regret de l’absence de rencontres avec les élus territoriaux. Pour Jean-Baptiste Ceccaldi, hôtelier à Calvi et lui aussi membre du Cercle des Grandes Maisons Corses « Ce qui est préoccupant c’est ce problème d’annulation des sièges du soir au lendemain. On programme des sièges pour faire face à la demande et au dernier moment on annule. Je pose moi aussi une question : Ont-ils subi des pressions ? ».

La pénurie de voitures de location

L’hôtelier pointe aussi, dans un autre registre, le problème de pénurie de voitures de location, problème toutefois que certains loueurs n’ont pas connu : « Avec cette pénurie qui a été très médiatisée, on a renvoyé une image négative de notre destination. Il faut faire des efforts pour gommer cette catastrophe ».

Côté positif, Philippe Albertini, directeur la CCI, se réjouit lui de la bonne programmation des autres compagnies, les fameux low cost. « Ils ont renforcé leurs lignes et leurs sièges. C’est une bonne chose. Mais on doit réfléchir aujourd’hui sur les conditions d’attribution à Air France. La compagnie bénéficie d’un polygone de points d’appui et elle est à la traine. On critique les low cost, qui ne disposent d’aucune aide, mais ils sont bien là cette année et c’est bien. Celles qui bénéficient d’aides ne sont pas présentes. Il y a vraiment deux comportements différents. On va demander un rdv à Air France. Coté location de voiture, le problème est désormais résolu ».

Jean-Pierre Pinelli revient aussi sur la crise sanitaire : « Avec cette crise du Covid, on s’est aperçu de l’emprise du tourisme au niveau mondial. Depuis 3 mandatures, on bénéficiait d’un affectif dans nos relations avec Paris. Aujourd’hui on pêche vraiment dans ce domaine. Il faut renouer avec les transporteurs, redonner ses lettres de noblesse à notre île. Je constate que la Corse est entourée de grosses destinations touristiques : Italie, Sardaigne, Monaco, Côte d’Azur. Or ces destinations refusent aujourd’hui des touristes. Il faut en profiter ».

Jean-Noël Marcellesi, hôtelier et président du Cercle des Grandes Maisons Corses dénonce lui aussi de la part d’Air-France « une politique totalement incompréhensible puisque erratique qu’on pourrait qualifier de politique gribouille qui consiste à mettre en ligne des vols, puis de les annuler, puis de les reprogrammer, puis de les annuler définitivement. Autre observation, Air France et Air Corsica se partagent 60 M€ de subventions d’équilibre et cela confère à Air France une obligation morale qui n’est pas remplie dans les conditions aujourd’hui. On veut qu’Air France nous rencontre et s’explique car il y a aujourd’hui un préjudice à l’image de la destination Corse. Heureusement, aujourd’hui existent les low cost qui contribuent à sauver ce qui peut l’être. »

Enfin Karina Goffi, présidente de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) de Haute-Corse reproche elle aussi toutes ses annulations de vols qui ont eu pour effet des annulations de réservation, faute de vols de remplacement. « Et là-dessus nous n’avons aucune explication d’Air France. C’est pourquoi aujourd’hui notre collectif qui regroupe CPME, U2P, MEDEF, Les Gîtes, les campings, le Cercle des grandes maisons, l’UMIH, Strada Corsa, souhaite avoir des explications via la CCI car individuellement on ne nous répond pas ».

Pour K.Goffi, après plusieurs  mois de diète, une petite reprise est perceptible en juillet. « On constate que nos clients jouent le jeu en nous appelant directement sans passer par les plateformes de réservation. Nos locaux aussi jouent le jeu. Aujourd’hui nous avons cette problématique des transports avec ces annulations dans l’aérien mais aussi des billets de bateau très chers. On peut penser que malheureusement mi-septembre, on aura des problèmes avec nos collaborateurs, nos salariés qu’on devra mettre au chômage ».

Philippe Jammes

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