[La Lettre] Dominique Di Menza en « 3D »

[La Lettre] Dominique Di Menza en « 3D »

Avec la nouvelle Présidente de la CCI Locale de Corse-du-sud.

Déterminée, disponible, dynamique : portrait d’une femme à l’itinéraire professionnel balisé par les défis et qui a déjà pris ses marques dans son nouvel environnement consulaire… 

Si la chambre de commerce locale de la Corse-du-Sud voulait promouvoir sa volonté d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire et faire germer les graines du renouveau, de la modernité et du dynamisme, elle ne pouvait être plus inspirée qu’en élisant à sa tête Dominique Di Menza, une cheffe d’entreprise qui, tout au long de sa carrière professionnelle atypique, a relevé bien des défis.

Son accession à la présidence constitue en elle-même un challenge. Elle ignorait tout ou presque de l’institution, de ses équipes et de son fonctionnement. De la CCI, elle n’a connu dans sa jeunesse qu’une formation à l’aéroport d’Ajaccio après l’obtention d’un BTS gestionnaire informatique. En réalité, c’est la curiosité et l’intérêt pour l’action consulaire qu’elle a manifestés lors d’une réunion d’information des candidats de la liste d’union autour de Jean Dominici qui a attiré l’attention de ses pairs. Ils ont décelé une femme de terrain résolue, compétente, entreprenante, avec une connaissance empirique des enjeux économiques de la Corse. Bref, son bagout était le signe avant-courant d’un casting gagnant ! « Je n’avais aucune ambition de ce côté-là. Au départ je voulais être une simple élue suppléante. Lorsque l’idée m’a été suggérée de briguer la présidence, j’ai d’abord hésité mais, vous voyez, j’ai fini par craquer… » Et par accepter de se positionner pour prendre les rênes de la CCI d’Ajaccio. D’aucuns y redoutaient une mission intrépide pour ne pas dire un peu casse-gueule, d’autant plus que, de nos jours, l’engagement actif et désintéressé génère rarement une grande considération en retour.

Mais Dominique Di Menza n’est pas du genre à reculer devant les obstacles. « J’ai pris mes fonctions avec beaucoup de sérénité. Le passage de témoin avec Paul Marcaggi s’est passé de façon prévenante. Je vois les équipes tous les jours, j’échange en permanence avec elles sur les dossiers en cours. Tout fonctionne normalement, le climat est sain. Vraiment, je n’éprouve aucune appréhension. Au contraire, j’ai hâte de participer à la phase préparatoire du rapprochement avec la Collectivité de Corse… »

FABRICATION D’ULM TOUT CARBONE

Jusqu’à sa majorité, Dominique Di Menza a grandi à Sagone. Elle est née à Bastelicaccia dans le sérail familial de l’entreprise. Son père, Frédéric, dirigeait une grosse société d’installation de poteaux téléphoniques en bois sur tout le territoire insulaire. Sur le terrain de l’initiative, elle va elle-même très vite montré de quel bois elle se chauffe et accomplir un parcours qui n’a rien d’académique. À 21 ans, elle s’investit, à Mezzavia, dans une boîte de vente et de maintenance de matériel informatique. Puis, changement de braquet, elle rejoint la Maison des Professions, un organisme de formation des adultes à destination de divers secteurs (tourisme, transport, agroalimentaire, activités de plein-air, etc.) dont elle a en charge la gestion. Mais la routine, ce n’est pas son truc. Audacieuse par nature, elle s’engage dans une expérience pour le moins singulière, la fabrication d’ULM, des planeurs ultralégers, entièrement conçus en carbone au sein d’une jeune structure baptisée Aerojames, toujours à Mezzavia : « Je confectionnais les pièces en fibres de carbone. Nous avons construit quatre prototypes, c’était passionnant. » Un travail qu’elle… ne survole pas puisqu’elle y consacre sept années de sa vie. Au contraire, cette aventure l’a faite plutôt planer. Depuis, la société a été rachetée par des actionnaires russes pour l’installer à Moscou où elle vole de ses propres ailes. 

Nouveau changement radical de registre. Après la séquence aérienne, elle effectue une sorte d’amerrissage puisqu’elle choisit de s’occuper d’un bar-glacier les pieds dans l’eau, situé sur le port de plaisance de l’Amirauté. Géographiquement, la chambre de commerce n’est pas loin mais ce n’est pas encore le moment pour elle de s’en approcher…

DES MAISONS ET DES OLIVIERS…

Trois ans plus tard, elle est recrutée en qualité de directrice financière de Domus-Écologia, un groupe immobilier établi à Santa-Maria-Siché qui construit des maisons avec une ossature en matériau environnemental noble : le bois. On pourrait y voir comme un hommage aux poteaux téléphoniques paternels. Parallèlement, depuis deux ans, elle a fondé sa propre entreprise, toujours dans le domaine de la conception durable de maisons individuelles, I Casi di Dumenica, dont le siège est situé cette fois à… Porto-Vecchio. Elle n’a pas d’ULM pour se déplacer partout où elle bosse. Elle travaille à distance, y compris parfois depuis son nouveau bureau consulaire. Ceux qui estimeraient que l’agenda de Dominique Di Menza est déjà bien – sinon trop – rempli se méprennent. Cette quadragénaire élégante, au sourire avenant et au caractère bien trempé, est également… agricultrice. Aux côtés de son frère Frédéric, éleveur et artisan-charcutier, elle prend soin de son oliveraie de Casaglione (1 600 arbres) à Tiuccia et produit de l’huile d’olive AOP. Parce nous sommes nous-même au bord de l’essoufflement, on ne s’étendra pas sur les quatre heures hebdomadaires consacrées au sport, jogging et natation ! Dominique Di Menza n’est pas seulement montée sur ressorts. On lui prêterait presque le don d’ubiquité telle la Sabine de Marcel Aymé. Gageons dès à présent qu’elle présidera aussi efficacement la CCI locale d’Ajaccio qu’elle gère son emploi du temps personnel et professionnel. On a aucun doute là-dessus.

ARTICLE PARU DANS L’ÉDITION N°17 (JANVIER 2022) DE LA LETTRE – CCI DE CORSE

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