[CORSE-MATIN] Sur le chemin de la transmission d’entreprise…

[CORSE-MATIN] Sur le chemin de la transmission d’entreprise…

La problématique est connue. Des dispositifs sont recensés. Pour autant, la transmission d’entreprises reste un dossier méconnu des principaux intéressés, les futurs cédants.

À l’invitation de la CCI 2b et de l’ADEC, des ressortissants de plus de 50 ans ont participé à « une soirée transmission et reprise d’entreprise », organisée au sein de l’hôtel consulaire. Autour de la table, avocat, notaire et expert-comptable ont pris place pour décrypter les démarches, clarifier les programmes existants pour in fine balayer le bon chemin à suivre pour céder son entreprise.

Une thématique imposée par une tendance puisque dans les dix prochaines années, un tiers des entreprises insulaires seront à céder. Le dernier chiffre avancé est de 2500 commerces ou activités sur l’ensemble de la Haute-Corse.

L’enjeu est donc à la fois économique et social puisqu’il s’agit d’assurer un équilibre territorial tout en veillant au maintien des emplois dans les microrégions concernées. « Mais souvent, les gens préfèrent la création parce qu’elle leur coûte moins cher au départ. Et pourtant en reprenant une entreprise existante, les repreneurs peuvent à la fois bénéficier d’un accompagnement et déjà d’une clientèle ce qui est un atout « , souligne Georgina Fraticelli, chargée du développement du territoire.

Côté cédants, la consigne qui prime demeure  » l’anticipation » car une transmission même familiale se prépare, de l’avis des experts qui sont intervenus mardi. S’arrêter sur le bon prix, vendre au bon moment ou acheter en ayant connaissance de l’arsenal des aides mobilisables, des points qui ont tour à tour été abordés par des professionnels de l’hôtellerie, de la distribution, des commerçants comme des artisans concernés aujourd’hui ou qui le seront demain…

« Beaucoup d’amateurs mais peu de repreneurs »

L’intérêt commun des ressortissants est d’avoir toutes les cartes en main pour valider la meilleure option.

« Mais s’il n’est pas difficile d’obtenir des éclaircissements sur les aides, le plus dur reste à trouver le repreneur« , souligne Lucien Figarella. À plus de 70 ans, et à la tête d’une entreprise de transport, il n’a qu’un projet : la vendre.

« Cela fait deux ans que je cherche à la transmettre. Le prix est raisonnable par rapport à mon chiffre d’affaires, j’ai eu beaucoup d’amateurs mais pas d’acheteurs. Je suis donc obligé de continuer à travailler. Cette réunion, concrètement, ne m’a rien apporté« , glisse le chef d’entreprise.

Certains chefs d’entreprise sont venus accompagnés de leur futur repreneur, souvent un membre de la famille. La question du pacte Dutreuil qui peut être déclenché dans le cadre d’une transmission d’une entreprise familiale avait alors tout son sens.

Toutefois, force est de constater que les outils ne sont pas connus de toutes les entreprises locales. Pour preuve, sur le site gratuit transentreprise, seules 29 offres corses de reprise figurent sur les 7102 offres au niveau national.

JULIE QUILICI-ORLANDI