Revue de presse

[CORSE-MATIN] 36 heures pour innover sur le thème du tourisme durable

Un Innovathon, a été lancé hier du côté du centre culturel de l’Alb’Oru, à Bastia. De nombreux partenaires, dont l’ATC et la CCI de Corse, étaient présents pour le coup d’envoi d’une opération destinée à faire émerger des projets concrets.

Où va-t-on et que veut-on en matière de tourisme en Corse ? C’est à cette question ambitieuse que l’association Emaho, appuyée par une ribambelle de partenaires* a lancé la réflexion voilà plus d’un an avec les ambassadeurs du tourisme durable.

Un projet inédit qui, après préfiguration et concertation, a entamé sa troisième phase, celle de l’Innovathon, dès hier à Bastia.

Jean Leccia, le président d’Emaho, explique ce cheminement : « II y a un an, sur ce même thème, nous avions réuni, sur un temps plus court de 8 h à 18 h, 130 personnes acteurs du tourisme. Nous les avons fait débattre dans des ateliers sur des thématiques, et l’idée était d’en sortir des défis, des problèmes à régler en matière de tourisme en Corse. Cela concerne des thèmes de déchets, de la sur fréquentation, la sacro-sainte question de l’étalement de la saison. Il a été évoqué aussi le tourisme culturel, la volonté également de mieux se connecter aux habitants, de rencontrer des artistes, des artisans, et pourquoi pas d’aller voir traire les chèvres ».

Et c’est ainsi, qu’hier, quatorze équipes encadrées par des coaches se sont mises à table pour cet Innovathon qui promet de faire émerger des projets. Ces derniers se veulent en phase avec les acteurs économiques et touristiques, pour un tourisme résilient face au changement climatique. C’est donc du défi de la créativité qu’il était question, hier, au centre culturel l’Alb’Oru.

Un Innovathon qui, durant trois jours, veut offrir des solutions locales aux grands enjeux du tourisme en général.

« Faire de la Corse, un territoire exemplaire…»

Linda Piperi, adjointe au maire de Bastia et présidente de l’Office de Tourisme Intercommunal de Bastia, a donné le ton de cette manifestation. « C’est une belle expérience de réflexion commune, car, aujourd’hui, il est proposé de faire appel à l’intelligence collective, afin de fédérer autour d’un projet commun, celui d’accélérer vers un tourisme durable, s’organiser autour d’un tourisme responsable. Nous sommes tous conscients qu’il y a urgence dans ce domaine. Nous devons trouver des solutions, échanger pour repenser notre modèle, faire de la Corse, un territoire exemplaire. Il faut penser ce tourisme maîtrisé, pour voyager mieux, donner un sens au voyage. Nous sommes ici aujourd’hui pour imaginer des solutions concrètes et applicables par toute la filière. »

Tous les partenaires ont évoqué les enjeux et notamment le premier vice-président de la CCI de Corse, Pierre Orsini, qui avant de se mettre autour d’une table de l’Innovathon, a souligné l’ambition d’aller vers « un tourisme responsable. L’impact de la crise sanitaire a été encore plus important en Corse, car le tourisme pèse 30 % du PIB, et les dégâts sont immenses. Aujourd’hui il faut anticiper sur le monde d’après, travailler aussi sur l’attractivité. »

Angèle Bastiani, la présidente de l’Agence de tourisme de la Corse, a trouvé les mots justes pour encourager ce type de manifestation. « Nous tenons à soutenir de manière active les acteurs locaux qui s’investissent avec passion pour apporter leur pierre à l’évolution durable du premier secteur économique de notre île. L’ATC, et par sa voix, la Collectivité de Corse, se réjouit de participer à cette démarche collective qui sera, à n’en pas douter, porteuse d’idées, de réflexions et de solutions innovantes. De ces journées de travail et de réflexion naîtront des projets et des idées mûries, challengées, maturées, dans tous les secteurs ».

Angèle Bastiani, par ailleurs maire de L’Ile-Rousse, connaît parfaitement les problématiques touristiques. Elle sait aussi que les idées peuvent germer mais tous les projets ont besoin de bras pour les porter : « À l’issue de cette première édition de l’Innovathon, sachez que l’équipe d’ingénierie de I’ATC mettra toute son expertise au service des lauréats, mais également de tout porteur de projet s’inscrivant dans une démarche de développement durable pour la Corse… »

JO CERVONI

*L’ATC, la CCI de Corse, l’Ademe, la Banque des territoires, Atout France, E-Motum

[CORSE-MATIN] La Corse représentée au congrès national des buralistes

Alignement des fiscalités corse et continentale sur le tabac, mutation de la profession dans un contexte de lutte contre le tabac, les buralistes corses ont eu de quoi débattre lors du congrès national, et des deux jours de salon qui ont suivi.

Les buralistes corses se battent aujourd’hui sur deux fronts distincts : celui de la fiscalité, dont les avantages insulaires sont appelés à prendre fin, et celui de la mutation d’une profession qui doit se réinventer, dans un contexte où la cigarette a consumé ses belles années.

Sur la fiscalité tout d’abord. Le prix du tabac a flambé ces dernières années, dépassant le seuil symbolique des 10 € sur le Continent, et les 8 € dans l’île.

Mais, à partir du 1er janvier 2022, cette fiscalité va progressivement s’aligner sur celle en vigueur de l’autre côté de la Méditerranée : « En juin 2019, j’avais réussi à négocier que cette hausse soit progressive. Entretemps, le Covid est passé par là, et la saison 2020 a été catastrophique pour les 214 buralistes de l’Ile, expose José Oliva, président de la fédération Corse. C’est pourquoi nous avons essayé de négocier un délai. Cela faisait d’ailleurs partie des amendements présentés par le député Michel Castellani, mais ils ont été rejetés. Nous ne renonçons pas pour autant, et je continue le travail de terrain, j’ai notamment rencontré le député européen Younous Omarjee lors de sa venue à Bastia, car La fiscalité dépend de l’Europe, et la France paye chaque année une amende pour la Corse. »

Une bataille appuyée par le président de la fédération nationale, Philippe Coy, réélu pour quatre ans vendredi lors du congrès.

Une hausse de 5% par an pendant 5 ans

Les demandes concernant la fiscalité du tabac ne portent pas uniquement sur les cigarettes. En effet, le tabac se consomme sous différentes formes, notamment à mâcher ou, plus récemment, à chauffer. « Actuellement en France, les taxes qui pèsent sur un kilo de tabac à chauffer sont deux fois supérieures à celles sur un kilo de tabac à rouler. Cela est dû à une classification par défaut du tabac à chauffer dans la catégorie fiscale « autres tabac à fumer » (..). Les taxes, et par conséquent le prix de vente du tabac à chauffer en France, sont de loin les plus élevées d’Europe. L’autre exemple de produit à risques réduits qu’est la cigarette électronique a connu en France un développement important en bonne partie du fait de l’absence de taxation (hors TVA), qui permet d’en faire une alternative financièrement attractive pour les fumeurs », précisait l’amendement déposé par Michel Castellani, Charles de Courson et Frédérique Dumas, rejeté le 7 octobre.

La Corse devra donc s’aligner sur le continent, mais ce sera de manière progressive. En effet, l’accord négocié par José Oliva prévoit une hausse de 5% par an pendant cinq ans, soit une hausse de 25%. Le délai demandé d’un an, soit une hausse qui ne commencerait qu’au 1er janvier 2023, a été rejeté : « Au bout des cinq ans, nous serons donc à 95 % de la fiscalité nationale. Il nous restera quand même 5% », tempère le président.

Une profession en mutation

Le buraliste de 2021 n’a plus grand-chose à voir avec ses prédécesseurs du siècle dernier. La lutte contre le tabac notamment a fait muter leur profession, particulièrement en Corse, où la fiscalité avantageuse en faisait un produit fort prisé lors de la saison touristique. « La Corse est le meilleur élève à ‘échelle nationale en ce qui concerne la transformation des bureaux de tabac, avec 59 des 214 buralistes qui ont déjà effectué cette mutation. C’est notre métier qui change. De débitant de tabac, nous devenons un commerce de proximité », explique José Oliva.

Les jeux sont évidemment l’autre produit phare de ces magasins, mais pas seulement. Produits dérivés, carterie, timbres-poste et fiscaux, paiement d’amendes mais aussi, et peut-être surtout, retrait de colis, le buraliste est désormais à la fois un commerçant et un prestataire de services. « Les colis nous rapportent quelques centaines d’euros par mois, à raison d’une petite centaine de paquets par jour, mais c’est surtout un bon moyen de créer du trafic en faisant entrer les clients, qui peuvent alors s’intéresser à d’autres produits. »

« La CCI nous accompagne dans cette mutation en proposant une aide allant jusqu’à 30 % du montant des travaux, ou 33 000 €. Il est vrai que c’est plus difficile pour certains buralistes du rural, qui sont parfois âgés, mais c’est un investissement nécessaire pour pérenniser son commerce et éventuellement le revendre pour sa retraite ou le transmettre à ses enfants. »

Un président très impliqué, qui siège de nouveau au conseil d’administration de la fédération nationale, et un métier qui semble relativement bien négocier son virage, les buralistes corses ont sans nul doute eu de quoi trouver de nouvelles inspirations lors de ce salon, et pour les années à venir.

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EN CHIFFRES

  • 5 % de hausse de la fiscalité chaque année pendant cinq ans à partir du 1er janvier 2022.
  • 214 buralistes enregistrés en Corse. 59 ont déjà effectué les travaux de transformation, 37 en Haute-Corse et 22 en Corse-du-Sud.
  • 30 % des travaux de transformation peuvent être pris en charge par la CCI

ISABELLE LANCON-PAOLI

[CORSE-MATIN] L’Ile- Rousse : plusieurs alternants recrutés dans des commerces de la ville

La CCI de Corse et les commerçants de la ville, sous l’impulsion de l’association Compru in Balagna et avec le soutien de la municipalité, proposent aux jeunes de la Mission locale une formation d’un an en alternance pour devenir vendeur ou conseiller commercial.

La perspective d’une formation en alternance pour devenir vendeur ou conseiller commercial prend une tournure très concrète à L’Ile-Rousse. Une dizaine de jours seulement après la présentation du cursus, pas moins de huit candidats ont poussé, hier matin, la porte du « job dating » organisé dans la salle des actes de la mairie.

L’association de commerçants Compru in Balagna est à l’initiative, dans le cadre de sa stratégie de digitalisation du commerce. La Chambre de commerce et d’industrie de Corse assure le volet formation théorique de cette formation diplômante de niveau bac. Les commerçants et artisans de la ville sont donc invités à recruter leur alternant, pour une durée d’un an, avec la promesse d’une aide financière d’État couvrant la quasi-totalité du salaire de l’apprenti, soit 8 000 euros. Enfin, la municipalité de Lisula se veut être un soutien actif en hébergent gratuitement le job dating ainsi que l’intégralité de la formation dans ses locaux du centre Jean-Simi.

Une préparation qui a porté ses fruits

Tous les ingrédients semblent réunis. Les jeunes candidats sont tous inscrits à la Mission locale rurale de Haute-Corse. De jeunes majeurs, âgés de 18 ans à 21 ans, très motivés à l’idée d’acquérir rapidement des compétences professionnelles et d’être rémunérés dans le cadre de leur apprentissage.

Plusieurs entreprises se sont montrées intéressées par le recrutement d’un alternant. C’est le cas du Weldom de L’Ile-Rousse, de l’animalerie Terranimo, du Spar du centre-ville, de la boutique Instant création, de la boutique Verso ou encore de la boulangerie Spiga. Autant de contrats à décrocher. Deux avaient d’ores et déjà été signés, hier midi, au sortir du job dating.

« Les recruteurs ont eu d’excellentes surprises en rencontrant des jeunes motivés, aux profils intéressants, décidés à s’engager dans la vie active et c’est donc de très bon augure pour la formation qui se profile, se félicite Nicolas Costa, recruteur et cofondateur de l’association Compru in Balagna. Les jeunes qui n’auront pas été pris peuvent encore continuer à démarcher de leur côté. Il leur reste un mois pour trouver une entreprise et un maitre de stage avant d’entrer en formation. »

Le directeur de l’enseignement et de la formation à la CCI de Corse, Pascal Agostini, se satisfait également du bilan de la matinée : « Il y a 15 jours, nous étions venus avec le challenge de monter un job dating sur une formation en apprentissage. Des contrats se concrétisent et le groupe Balagne va pouvoir être monté avec 5 à 8 alternants dans les commerces de la ville, cet hiver, avec tout ce que cela comporte comme nouveautés dans la manière de travailler. À présent, aux chefs d’entreprise de se montrer pédagogues et formateurs. »

Le rôle de ces futurs alternants ne se limite pas à de la vente en boutique puisqu’un rôle de commercial itinérant ou encore de conseiller commercial auprès d’entreprises artisanales leur est aussi destiné. En résumé, la formation leur laisse de nombreuses possibilités.

« Nous avons vu plusieurs employeurs qui nous ont proposé plusieurs types de postes ou de formation en alternance », relatent Catherine et Angelina deux candidates. La première a une préférence pour la boutique Instant création, ou alors le Spar, tandis que la seconde a eu un coup de cœur pour l’animalerie.

Leur encadrant à la Mission locale, Antoine Petit, a le sentiment du devoir accompli : « Les candidats ont fait une très bonne impression parce qu’ils étaient préparés à des entretiens d’embauches. Ils se sont renseignés, ils sont donc venus avec du savoir et de l’aplomb. Ils connaissent les bases du monde de l’entreprise, les fautes à ne pas commettre et savent montrer leur motivation. »

La formation de vendeur doit débuter fin novembre.

JEAN FRANCOIS PACELLI

[CORSE-MATIN] De quoi donner des couleurs au tourisme d’arrière-saison

Avant même l’arrivée des premiers estivants, et ce malgré un début de saison timide et une situation sanitaire incertaine, la Corse était présentée comme l’une des destinations phares de l’été. Une saison annoncée comme « cocorico » avec des envies de dépaysement dans la plus proche des îles lointaines. S’il est encore prématuré d’affiner les chiffres, force est néanmoins de constater que la Corse a bel et bien été choisie par des milliers de vacanciers. Les enquêtes d’opinion ont vu juste.

Un mois de juillet « meilleur »

Embouteillages sur les axes routiers les plus fréquentés, plages bondées, file d’attente aux caisses des supermarchés, terrasses prises d’assaut et ports de plaisance complets. Les carnets de réservations en attestent. Lors de cette saison 2021, les touristes, majoritairement français, étaient au rendez-vous de l’été corse.

Certes, le démarrage a été retardé par le contexte mais in fine, une fois le pied posé sur l’île, l’apparition de clusters successifs n’a pas découragé les touristes, ni même ne les a incités à tourner les talons pour d’autres terres moins impactées par le regain épidémique. Ainsi, selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’Agence de tourisme de la Corse, plus de la moitié des établissements n’a enregistré aucune annulation en juillet comme août.

À la lecture de leurs premiers chiffres, et sans avoir encore « tiré le Z », près de 66 % des professionnels se disent satisfaits avec un taux d’occupation de l’ordre de 71 % en juillet. Un mois « meilleur » que celui de 2020 pour la grande majorité d’entre eux. Leur degré de satisfaction a grimpé avec les premiers jours du mois d’août. Les hôtels étoilés enregistrent même les taux d’occupation les plus élevés (80 %).

La présidente de l’ATC fraîchement installée, Angèle Bastiani, préfère jouer la carte de la prudence. Elle observe les chiffres sans les commenter. Elle peut d’ailleurs noter la progression de l’aéroport Sainte-Catherine de Calvi, équipement déterminant pour son territoire, qui au coeur de l’été a connu une progression de la fréquentation de 42 % par rapport à 2020 et, à quatre petits points près, a retrouvé les taux de 2019. Un temps où la Covid n’était pas encore passée par là… Mais l’élue semble vouloir laisser passer les premiers jours de septembre pour annoter les résultats.

En septembre aussi, la tendance est à la « dernière minute »

Les arrivés de ce week-end donnent d’ailleurs à penser que la saison n’est pas terminée (voir par ailleurs). Le rush est passé certes, mais l’arrière-saison pourrait faire rêver de doux jours à venir. Mais septembre affiche la tendance « de dernière minute », de quoi corser les prévisions.

« On observe une certaine appétence pour la destination mais en parallèle, il y a une crainte de la clientèle. Au moment de réserver, une fois sur deux, il y a un questionnement sur les conditions d’annulation ou de remboursement en raison des conditions sanitaires. Et cela a forcément un impact », souligne Bernard Giudicelli, président de l’UMIH Corse qui ne peut s’empêcher de se remémorer septembre 2020 et le placement de la Corse en zone rouge. « On avait alors connu une fin de saison en queue de poisson avec les liaisons avec le nord de l’Europe interrompues. »

Les clientèles suisse, autrichienne, belge et luxembourgeoise notamment, sont très attendues à l’aube de l’arrière-saison, dans les ports comme dans les aéroports de l’île. Raison pour laquelle les chambres consulaires ont misé sur le maintien des liaisons internationales pour séduire ces voyageurs qui ont fait défaut cet été. Toujours selon les données ATC, seulement 11 à 13 % d’étrangers ont choisi de passer leurs vacances en Corse contre 30 % habituellement. Un recul qui s’illustre aussi par la baisse de près de 9 % enregistrée par la compagnie maritime Corsica Ferries au coeur de l’été. Feront-ils partie dès lors des voyageurs attendus à l’arrivée ce week-end ?

Les acteurs du tourisme veulent y croire et les opérateurs espèrent même rattraper l’avant-saison en jouant les prolongations jusqu’à octobre. « L’idéal serait même de maintenir une activité jusqu’aux vacances de la Toussaint, assure Luc Bereni, président du directoire d’Air Corsica qui reconnaît que désormais, les voyageurs réservent seulement quinze jours avant leur vol. Le premier atterrissage du charter en provenance de Copenhague hier, sur le tarmac de Bastia-Poretta, vol repoussé depuis le printemps, est le signe d’un redémarrage européen. Dans cette perspective, les vols avec la Belgique comme l’Autriche sont maintenus pour encore deux mois, histoire de donner des couleurs au tourisme d’arrière-saison. Toutes les nouvelles lignes ouvertes au national sont également poursuivies avec au total 37 lignes régulières opérées. « L’offre nationale hors OSP est de 74 297 sièges soit 16 % de plus qu’en 2020 et c’est même en croissance de 5 % par rapport à l’année référence de 20191 », glisse Chantal Boquel en charge du marketing & promotion manager à l’aéroport de Bastia.

Prévisions d’une arrière-saison « prometteuse »

Côté mer, les prévisions de la première quinzaine de septembre laissent augurer « une arrière-saison prometteuse » constate Marie-Madeleine Guidicelli-Poletti, coordinatrice générale des ports, à la lecture des 682 000 sièges offerts, toutes destinations confondues sur la période. « Ce qui correspond à 72 000 sièges supplémentaires soit +12 % par rapport à l’an passé sur l’ensemble des ports ».

Les registres de réservations ouverts, les professionnels évoquent pour l’heure une hausse de 25 %* par rapport à 2020.

Avant le temps de la Covid, la Corse comptait près de 700 000 touristes entre les mois de septembre et d’octobre, principalement des couples sans enfant et des retraités. Entretiendront-ils l’engouement pour la destination passé l’été ? La politique touristique de l’île qui vise à rallonger la saison commencera-t-elle à porter ses fruits ? Réponses dans quelques semaines à condition, selon les professionnels, que « la situation sanitaire reste stable ».

* Données ATC

JULIE QUILICI-ORLANDI

[CORSE-MATIN] Une convention lie la CAB et les chambres consulaires

Beaucoup de présidents avant lui en ont rêvé, mais finalement Louis Pozzo di Borgo l’a fait. En réunissant hier autour de la table Jean-Charles Martinelli, président de la chambre des métiers de Corse, et Jean Dominici président de la CCI de Corse, le président de la communauté d’agglomération de Bastia leur a fait signer une convention opérationnelle qui lie désormais les trois institutions.

Dans les tout nouveaux locaux de la Cab, les trois hommes ont donc paraphé un texte qui engage Cab, CCI et CMA dans une démarche commune pour « éviter les logiques de concurrence entre les différents acteurs autour de cette table ».

Un texte qui, comme l’a rappelé Louis Pozzo di Borgo, « permet d’acter des choses qui sont déjà mises en route. » Jean Dominici a pris ensuite la parole pour confirmer que cette convention « s’inscrit dans la feuille de route tracée par la Collectivité de Corse au travers du schéma régional de développement économique (SRDE2I) ».

Le président de la CCI de Corse a indiqué également que « les axes de coopération sont nombreux, parfaitement intégrés et complémentaires pour venir en appui aux porteurs de projets de création, de développement à la reprise d’entreprise ou la transmission ».

Une première régionale

Enfin, Jean Dominici a souligné que « cette première convention du SRDE2I va sans aucun doute propager son modèle en direction des autres établissements publics de coopération intercommunale de l’île pour avoir une couverture optimale de tous les territoires dans les mois qui viennent. Nous allons dorénavant faire mieux, nous allons faire plus, nous allons faire ensemble. »

Pour le président de la chambre des métiers, Jean-Charles Martinelli, cette convention va permettre de mieux « accompagner les 2 300 ressortissants de notre chambre qui sont sur tout le territoire de l’agglomération bastiaise dans les différentes démarches qu’ils auront à accomplir. Elle a toute sa place dans le projet que je veux défendre pendant ma prochaine mandature à la tête de la CMA régionale. Si demain je suis élu, je souhaite aller dans tous les territoires de Corse et j’envisage notamment de déployer des CFA en Balagne ou dans le Cortenais. »

Un satisfecit général renforcé par Louis Pozzo di Borgo qui a tenu à mettre en avant les atouts de l’agglomération bastiaise et notamment les champs d’action nombreux de la Cab que sont « l’aménagement du territoire et la fin de la structuration de la ZAE de Furiani, mais aussi le soutien à l’emploi avec notamment l’école de la deuxième chance ou encore Avia, l’attractivité du territoire avec l’office de tourisme ou encore la redynamisation des quartiers. Tout cela pour dire que nous pourrons avec cette convention bâtir des actions pour favoriser l’emploi, soutenir la formation et améliorer les compétences de nos entreprises. »

Les bonnes intentions sont là entre les chambres et la Cab, il ne restera plus qu’à les concrétiser par des actes.

Y.M.

[CORSE NET INFOS] La CAB, la CCI et la CMA main dans la main pour le développement économique du territoire

 

La convention d’animation économique territoriale signée ce jeudi 29 juillet à Bastia entre la CAB (Communauté d’Agglomération de Bastia), la chambre de métiers et de l’artisanat de Corse (CMA) et la chambre de commerce et d’industrie régionale (CCI) rassemblera les trois entités pour une coopération opérationnelle et adaptée au territoire. Une première qui vise à éviter les logiques de concurrence pour développer au mieux l’action économique.

Synergie et complémentarité. Les deux mots à retenir de la signature de la convention d’animation économique territoriale signée ce jeudi 29 juillet à Bastia entre la CAB, la chambre de métiers et de l’artisanat de Corse et la chambre de commerce et d’industrie régionale.
Les trois présidents étaient réunis le matin même au siège de la CAB pour contractualiser ce qu’ils définissent comme « l’harmonie des entités pour un meilleur travail ». Au-delà de l’aspect purement local, cette signature intervient dans la droite lignée de la feuille route tracée par la Collectivité de Corse au travers de son Schéma Régional de Développement Economique (SRDE).

Apporter des réponses ciblées

« Grâce à cette coopération nous allons pouvoir partager nos informations et savoir où agir, quand et qui doit le faire » précise le président de la CAB Louis Pozzo di Borgo.

Mais au-delà du partage des données et des tâches c’est la précision des actions menées qui est en jeu.

Apporter des réponses concrètes à des problèmes ciblés sans avoir besoin de passer par l’échelon supérieur, l’échelon territorial. « Nous n’aurons plus besoin d’attendre l’agence de développement économique de la Corse pour certains projets, même si nous restons partenaires pour beaucoup d’autres ».

C’est ainsi replacer la CAB dans son rôle d’aménageur économique du territoire.
Pour autant, les trois institutions ne seront pas pieds et poings liés face à une hypothétique validation de chacune d’entre elle : « Il y aura des concertations sur certains projets et si une des chambres consulaires ne veut pas ou ne peut pas participer à tel ou tel projet elle sera libre. Il en sera de même pour la CAB. Nous ne sommes pas soumis à une majorité de validation pour lancer un projet » explique Louis Pozzo di Borgo.

Et dans les faits, cela se démontre. La fabrique à projets Avvià, ouverte le premier juin dernier au 3 cours Favale à Bastia, en est un exemple. Elle est le fruit d’une coopération entre la CAB et la CCI.

Différentes mais complémentaires

« Les trois entités ont des missions et des outils différents mais sont complémentaires » pour le président de la CMA Jean-Charles Martinelli. Une complémentarité au service d’un partenariat efficace pour l’artisanat qui ravit le président de la CMA qui parle « d’un signal fort envoyé aux ressortissants du territoire de la CAB ».

Pour lui, les 2 300 entreprises d’artisanat présentent dans la zone d’action de la CAB n’en seront que renforcées.

Pour Jean Dominici, président de la CCI de Corse : « les actions qui seront développées viendront concrétiser nos réponses aux différents éléments de diagnostic par l’adaptation de nos offres de services respectives ».

Eviter les logiques de concurrence

La signature de cette convention rassemblant un EPCI (établissement public de coopération intercommunale) et deux chambres consulaires est « une première en Corse » selon Louis Pozzo di Borgo.

Une avancée importante « quand on sait que les EPCI vont étoffer leurs missions ces prochaines années » pour Jean-Charles Martinelli.

Pour tous, nul doute que cette première fera des émules. Une première qui place les trois institutions sous un même toit, en évitant les logiques de concurrence pouvant bloquer le développement du territoire. Logique qui n’a pas toujours été d’actualité à Bastia.

Pierre-Manuel Pescetti

Voir l’article sur Corse Net Infos

[CORSE-MATIN] Transavia étend ses services au départ de la Corse

La compagnie aérienne Transavia va proposer des liaisons entre deux aéroports insulaires et les villes de Montpellier et Nantes durant les vacances scolaires. L’entreprise organise déjà des vols au départ et à destination des quatre aéroports de l’île depuis le début de la saison.

Lors d’une conférence de presse organisée hier à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) à Bastia, la compagnie aérienne low cost Transavia réaffirme sa volonté de développer son offre sur le territoire insulaire.

Après le lancement de douze routes estivales au début de la saison dont une à l’internationale vers Fès au Maroc, la compagnie annonce une « prolongation » de trois lignes pour l’hiver : Bastia-Montpellier, Bastia-Nantes et Ajaccio-Nantes.

Les vols seront disponibles durant les vacances scolaires de Noël et février. Certaines routes seront également programmées dès la deuxième semaine des vacances de la Toussaint.

« Nous avons à coeur de proposer toujours plus d’opportunités de voyages à notre clientèle. Le prolongement à l’hiver de ces trois lignes s’inscrit dans le développement de notre offre en Corse » précise Nathalie Stubler, P.-D.G. de Transavia France.

Rattachée au groupe Air France-KLM, la compagnie low cost opère plus de 100 lignes aériennes au départ de la France. 116 000 sièges ont été proposés cette saison au départ des aéroports de Bastia, Ajaccio, Calvi et Figari.

« L’ambition stratégique du groupe pour Transavia est évidemment la croissance. Dans cet objectif, la Corse nous parait être un marché très intéressant à développer », ajoute Nathalie Stubler.

Un partenariat avec la CCI et les aéroports de Corse

La conférence de presse était également l’occasion pour la CCI de réaffirmer son partenariat avec la compagnie. Dans son discours d’introduction, Jean Dominici, président de l’institution, salue les annonces de l’entreprise : « En cette période où l’incertitude est devenue la règle, se lancer sur de nouveaux marchés c’est se projeter avec beaucoup de détermination et de professionnalisme vers l’avenir. Transavia témoigne ainsi d’un esprit de conquête et d’entreprise qui honorent ceux qui s’y engagent. »

« Dès la première année, la compagnie a proposé des vols sur les quatre aéroports de l’île, ce que personne n’a jamais fait, poursuit Philippe Albertini, directeur de la CCI. De même, les prolongations hivernales faisant suite à une unique saison est une décision inédite sur le marché insulaire. »

Dans le contexte économique et sanitaire actuel, Jean Dominici estime qu’« une offre diversifiée et un développement des liaisons aériennes signifient des retombées économiques au bénéfice des ressortissants. »

Quant aux contrôles sanitaires, la P.-D.G. de l’entreprise l’assure : « Ils sont effectués comme ils doivent l’être et tout fonctionne bien. »

MARIE STOUVENOT