CCI 2B

[CORSE-MATIN] « Il n’y a jamais d’élection tranquille »

Jean Dominici, président sortant de la Chambre de commerce et d’industrie de Corse, est le seul à briguer ce mandat à la tête d’une liste unique constituée d’hommes et de femmes de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Les votes sont ouverts. Résultats le 10 novembre.

Une élection tranquille et sans concurrence, pensez-vous que la mobilisation sera au rendez-vous ?

Il n’y a jamais d’élection tranquille, la légitimité de notre institution va être mesurée avec ou sans liste concurrente, et c’est notre enjeu majeur au plan régional. Certes, le mode de scrutin entièrement dématérialisé est une première et risque de désorienter les électeurs habitués à voter par correspondance « papier », mais notre objectif reste de figurer, à l’échelle nationale, en tête des CCI avec le plus fort taux de participation.

Cette absence de rival vous conforte-t-elle dans l’idée que votre bilan à la tête de la CCI régionale satisfait tous vos ressortissants au Nord comme au Sud ?

Nous observons en effet que l’adhésion tant des différents territoires que des multiples secteurs économiques est bien là, le travail de nos élus, de nos équipes s’en trouve évidemment reconnu et conforté. Cela nous encourage, et en même temps, nous oblige tant à poursuivre que surtout à amplifier notre rôle et nos actions au service de l’économie de la Corse. Le renouvellement important et le rajeunissement de nos candidats sont la traduction de cette énergie que nous entendons porter au cours de la prochaine mandature.

C’est une chambre régionale, mais avec deux entités distinctes au Nord et au Sud, une fusion définitive des deux chambres est-elle envisageable et réalisable ?

L’union consulaire a été réalisée par notre volonté propre en 2020, et les CCI locales qui demeurent aux côtés de la CCI de Corse sont simplement des circonscriptions permettant d’assurer une représentativité équilibrée des différents territoires économiques. C’est bien la CCI régionale qui assure déjà, par l’intégration des ressources et des moyens, le rôle central que nous entendons assumer au plan de la Corse tout entière.

« La région la plus impactée par la crise »

La Corse, comme l’ensemble du territoire, a été frappée par une crise sans précédent dans l’histoire. La casse est-elle aussi importante que prévu ?

Nous l’avons déjà fortement exprimé, la Corse a été la région la plus impactée par la crise, et pourtant, la moins bénéficiaire des mesures structurelles de relance, et je cite volontiers la baisse des impôts dits de production de 20 Mds € qui ne nous concernera qu’à concurrence de 0.23 %, alors que nous représentons le double en matière de PIB. Certes, la casse a été évitée grâce à la fois aux mesures défensives de l’État : PGE, activité partielle, report des charges sociales… mais aussi et surtout, grâce à l’action de la CCI en matière de relance des transports maritimes et aériens, ainsi enfin qu’avec les mesures menées avec la CdC et notamment le plan Sustegnu. Mais beaucoup reste à faire, notamment pour retraiter le mur de dettes de plus de 1 Md € contracté par notre économie pour traverser la crise.

Le fait que le gouvernement ne prenne pas en compte les spécificités de l’économie corse vous a-t-il surpris ?

Oui, nous attendions une meilleure adaptation des mesures de relance notamment à chaque territoire et nous avons produit avec l’ensemble du monde économique de nombreuses propositions, tant en direction de l’État que de la CdC, qui pour l’heure sont toujours en attente de réponses effectives. Le retour à un dialogue tel qu’il semble se dessiner avec la prochaine visite en Corse du Premier ministre sera sans nul doute l’occasion de remettre en discussion l’ensemble des adaptations que nous attendons et qui méritent d’être accordées à nos ressortissants dont je souligne à nouveau le comportement exemplaire tout au long de la crise.

Le passage sous la tutelle de la Collectivité de Corse est une éventualité qui se fait de plus en plus précise. C’est, selon vous, le meilleur moyen d’assurer la pérennité de la Chambre de commerce et d’industrie de Corse ?

Oui. C’est un projet que nous portons depuis 2015 aux côtés du président du conseil exécutif de Corse qui a rappelé son engagement lors de son discours d’investiture. Une nouvelle articulation plus simple, plus efficace, est sans nul doute la garantie d’une pérennité de notre structure, mais surtout le gage de politiques publiques économiques bien plus performantes pour chacun de nos commerçants et chefs d’entreprise.

Y.M.

[CORSE NET INFOS] Jean Dominici unique candidat à la chambre consulaire régionale

Jean Dominici : “Il y a une fenêtre pour un modèle de CCI spécifique à la Corse”

Unique candidat à sa propre réélection, l’actuel président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse, Jean Dominici, sera sans aucun doute réélu pour cinq ans au terme du scrutin qui, débuté ce mercredi 27 octobre, va se poursuivre jusqu’au 9 novembre prochain.

Avenir des infrastructures portuaires et aéroportuaires insulaires, lien entre la collectivité de Corse et la chambre consulaire, régionalisation nouvelle de l’institution, ambitions et freins au développement, Jean Dominici détaille pour CNI la feuille de route de son prochain mandat. Cinq ans avec en toile de fond, la décentralisation de l’administration française au profit d’institutions plus simples, plus rapides, plus efficaces mais surtout plus régionalisées.

– Les élections consulaires 2021 débutent et vous êtes l’unique candidat. Aucune autre liste n’a été déposée avant le 30 septembre dernier, date de clôture des dépôts de candidatures. Comment expliquez-vous cette absence de concurrence dans la course au fauteuil de président de la CCI régionale ?
– J’y vois les résultats du travail de synthèse que nous avons mené avec toutes les composantes professionnelles de toutes les microrégions ainsi que l’adhésion du monde économique à l’institution, son savoir-faire, sa démarche et ses valeurs.
Je pense en particulier à l’Union Consulaire réalisée en 2020 où grâce à l’implication, la sagesse et le travail des élus, des collaborateurs, nous avons réussi à dépasser les anciens clivages pour construire une CCI de Corse de plein exercice, plus robuste et plus homogène, sur le seul plan pertinent qui vaille dorénavant au niveau institutionnel, celui de la Corse toute entière. Je profite d’ailleurs de votre question pour souligner qu’une récente enquête nationale de performance menée par un organisme indépendant a placé la CCI de Corse en tête des 13 CCI des régions métropolitaines, cela ne doit pas être non plus étranger à la conjonction des énergies que vous observez.

– Vous serez donc réélu à la tête de la chambre consulaire régionale. Quelle est votre principale ambition pour les cinq ans à venir ?
– Nos ambitions sont multiples. Parmi nos objectifs les plus urgents, il y a évidemment l’engagement total de la CCI dans la sortie de crise ainsi que la poursuite des actions de reconnexion dans le domaine maritime et aérien afin de continuer à alimenter le redémarrage de l’économie. Il s’agira d’intensifier nos efforts en direction de l’adaptation des mesures nationales, du retraitement et de l’allongement des PGE (ndlr : Prêts Garantis par l’Etat) ainsi que la mise en place sur le territoire d’outils spécifiques aux TPE PME (ndlr : Très Petites Entreprises – Petites et Moyennes Entreprises), y compris et surtout aux plans social et fiscal. Il s’agira également de travailler sans attendre en faveur d’un modèle diversifié, plus résilient, plus numérique et plus durable avec, comme déterminants, la valorisation des points forts de notre tissu : proximité, structures familiales, valeurs morales et surtout valeur travail au bénéfice d’une intégration très forte à notre territoire, notre culture et notre patrimoine.
Nos perspectives de développement sont connues, elles passeront par les échanges, les mobilités et les transports, la diversification des leviers d’attractivité pour travailler sur les différentes saisons, la résolution des difficultés de recrutement par l’adaptation des politiques d’orientation et de formation vers les métiers en tension et les secteurs d’avenir. Le travail organisé par filière alimenté par des équipes d’ingénierie de projets en relation avec l’ensemble des institutions, les autres réseaux consulaires, les EPCI (ndlr : Établissement Public de Coopération Intercommunale) et les différents acteurs de l’économie doit prendre le pas sur les structures du passé.

 – Dès 2011, en votre qualité de nouveau président de la CCI de Haute-Corse, vous souteniez fermement le projet d’un nouveau port à Bastia sur le site de la Carbonite. Qu’en est-il aujourd’hui ?
– Nous soutenons ce projet depuis 2004, qui est devenu « Portu Novu » entretemps. Nous le soutenons activement comme beaucoup d’autres car chacun sait qu’une île doit porter un soin particulier à ses plates-formes d’échanges et de transport, tant en matière de capacités que de standards de qualité ou de sécurité, c’est notre métier et notre crédo, nous sommes constamment force de proposition vers la Collectivité de Corse et l’Etat pour engager les programmes d’investissement qui s’imposent.

– Les infrastructures portuaires et aéroportuaires corses actuelles sont-elles encore assez performantes pour assurer les flux ? Et dans 5 ans ?
– Comme nous venons de l’évoquer, les infrastructures de transport nécessitent des programmes constants de mise à niveau et surtout d’anticipation, à ce jour et au-delà des projets stratégiques de réaménagement du fond de baie à Ajaccio ou de « Portu Novu » à Bastia, nous avons étudié et proposé 71 projets pour près de 700 millions d’euros sur l’ensemble des six ports et des quatre aéroports que nous gérons pour le compte de la Collectivité de Corse.

– Dès 2018, le rattachement des chambres consulaires à la nouvelle collectivité unique de Corse est évoqué. L’article 46 de la loi Pacte prévoit une étude de faisabilité de ce changement de tutelle au détriment de l’Etat. Mi-septembre, vous précisiez dans une lettre ouverte que « les conclusions de cette étude sont désormais livrées ». Quelles sont-elles ?
– En réalité nous sommes à l’origine de ce projet de changement de tutelle, depuis 2015, lors de la préparation des ordonnances de la Collectivité Unique. L’étude de faisabilité est terminée et elle est conclusive, ce rattachement peut être clairement envisagé à court terme.

– Quel est l’avantage de ce changement de tutelle pour la CCI régionale ?
– L’avantage principal est dans l’optimisation du modèle CCI afin de le rendre plus agile, plus rapide plus efficace. Pour le parfaire nous allons poursuivre sur l’union consulaire déjà réalisée en 2020 et finaliser le rapprochement avec la Collectivité de Corse. Elle s’est vue au fil des statuts dotée des compétences économiques, transports, formation, tourisme, développement. Or la CCI, qui est précisément un outil de mise en œuvre de ces politiques publiques, est restée rattachée à l’Etat, cela crée de la complexité et de la lenteur dans les relations. J’insiste et je me répète, plus que jamais au sortir de la crise nous avons besoin d’institutions et d’outils simples, rapides et efficaces.

– Aucun inconvénient ? Même en considérant l’instabilité politique de l’institution ?
– La respiration démocratique n’est pas une instabilité mais au contraire un atout pour stimuler l’engagement des responsables publics dans leurs mandats, et d’ailleurs c’est une excellente symétrie, les responsables des CCI comme ceux de la Collectivité de Corse sont des élus, non pas territoriaux mais consulaires. Aujourd’hui, l’instabilité est plutôt dans le statu quo, et les réformes incessantes depuis deux décennies que les différents gouvernements ont imposées aux réseaux consulaires avec particulièrement un toboggan budgétaire et une privation de ressources de près des deux tiers en moins de 10 ans. Il y a une fenêtre pour un modèle CCI spécifique à la Corse, nous devons tout faire pour le réussir dans les meilleurs délais.

 Pierre-Manuel Pescetti 

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[CORSE-MATIN] CCI de Corse : le seul enjeu de l’élection, la participation

Le scrutin pour désigner le président régional de la chambre de commerce et d’industrie de Corse s’ouvre aujourd’hui. Une seule liste est en course, celle Jean Dominici. Les votes s’effectuent uniquement, et pour la première fois, sur internet jusqu’au 9 novembre. Résultats le 17

Rarement une élection en Corse n’aura suscité aussi peu d’engouement de la part des électeurs et des candidats. Il faut dire que le scrutin qui s’ouvre aujourd’hui est beaucoup moins passionné que d’ordinaire du fait de l’absence de rival de taille à Jean Dominici.

Parce que les votes électroniques qui s’ouvrent aujourd’hui ont pour but de renouveler les instances de la chambre de commerce et d’industrie de Corse. Et c’est donc sans rival que l’actuel président brigue un nouveau mandat à la tête de l’instance régionale.

La Haute-Corse et la Corse-du-Sud font cause commune autour d’une liste unique conduite par Jean Dominici. Dans ce scrutin plurinominal majoritaire à un tour, les électeurs devront choisir leurs représentants pour les CCI de Haute-Corse, de Corsedu-Sud, ainsi que ceux pour la chambre régionale.

26 421 votants appelés à se prononcer

Trois élections en une avec quarante membres qui siégeront dans les trois assemblées représentatives. Une élection pour trois chambres à constituer avec des sièges réservés au commerce, à l’industrie et au service. Soit 26 421 votants inscrits dans toute l’île pour ce scrutin qui s’ouvre aujourd’hui et qui sera clôturé le 9 novembre prochain à minuit.

Tous les électeurs et électrices de Corse ont logiquement reçu par voie postale, ou électronique un courrier contenant les instruments indispensables pour voter car pour la première fois cette année, le vote se fera uniquement par voie électronique. Une plateforme dédiée, www. jevote.cci.fr, vient d’être mise en place pour assurer le bon déroulement du scrutin.

Si c’est un vote sans surprise qui s’annonce, la grande inconnue en reste tout de même la participation, seul véritable enjeu de cette élection. Et si le vainqueur est déjà connu, il faudra donc à Jean Dominici convaincre un maximum de ses ressortissants pour s’assurer d’une belle élection. « Le travail accompli et le soutien que nous avons apporté à nos ressortissants expliquent sans doute aujourd’hui l’absence d’une concurrence. Cependant, ce scrutin revêt une importance capitale pour notre économie dans toutes ses dimensions, entrepreneuriale, commerciale et industrielle. Les enjeux pour la Corse sont donc immenses », souligne Jean Dominici.

Un scrutin d’autant plus capital pour la Corse qui a été frappée de plein fouet par la crise sanitaire et le choc économique que cela a engendré. C’est d’ailleurs le cap que s’est fixé Jean Dominici avec ses colistiers pour les cinq prochaines années de mandat qui vont s’ouvrir pour eux. « Cette mandature sera celle d’une sortie progressive de cette crise que nous traversons encore. Il faut réussir la reprise et cela passera par la meilleure adaptation qui soit aux mesures nationales, tout en défendant les mesures propres à notre territoire. Nous devrons préparer et réussir le rapprochement entre notre chambre régionale et la Collectivité de Corse avec, forcément, l’aval de l’État. Nous allons pendant cinq ans travailler pour creuser les fondations d’une ère nouvelle pour la Corse. »

Une déclaration en forme de programme pour l’actuel président régional mais aussi pour motiver les ressortissants à voter en masse afin de donner davantage de poids à la chambre régionale dans les prochaines années. Les votes sont donc ouverts depuis ce matin. Le dépouillement aura lieu, lui, le 10 novembre avant une proclamation officielle des résultats au plus tard le 17.

Les installations des chambres de commerces et d’industrie de Haute-Corse et de Corse-du-Sud se dérouleront le même jour, à savoir le 30 novembre, sous l’autorité du préfet.

Enfin, la CCI de Corse devra être installée au plus tard le 14 décembre par le préfet de Corse. « Nous entendons être, avec notre nouvelle équipe solide sur ses bases et rajeunie, le pivot fondamental pour tous nos ressortissants, mais aussi le premier partenaire de toutes les institutions et tous les acteurs de l’économie de la Corse. » Une conclusion de Jean Dominici qui en dit long sur sa motivation à réussir le nouveau mandat qui lui est offert pendant cinq ans.

Y.M.

[CORSE-MATIN] Les lauréats de l’Innovathon du tourisme durable

Cette manifestation, organisée par l’association Emaho, a trouvé sa conclusion vendredi en fin de journée au centre culturel l’Alb’Oru. Cet Innovathon, mis sur pied en partenariat avec I’ATC, la CCI de Corse, l’Ademe, la Banque des territoires, Atout France, E-Motum, a rassemblé, durant trois jours, quatorze équipes composées de professionnels et acteurs du tourisme.

Un challenge qui avait pour but de plancher sur des projets, fruits d’une réflexion collective afin d’offrir des solutions concrètes et applicables.

Cinq lauréats récompensés bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour accélérer leurs projets. Les neuf autres équipes en compétition, qui ne font pas partie du palmarès, seront reçues par les partenaires cités plus haut, afin d’envisager quelles suites pourront être données à leur projet.

Les équipes ont planché, durant trois jours, sur les solutions envisagées pour le tourisme durable et il serait bien dommage de ne pas poursuivre la réflexion sur ces solutions innovantes. L’ATC, par la voix de sa présidente Angèle Bastiani, a indiqué que l’équipe d’ingénierie de l’agence mettra toute son expertise au service des lauréats (ou tout autre porteur de projet). Un sacré coup de main pour que ces propositions deviennent des solutions durables…

Vélo, circuit court, gestion du flux et architecture écolo

Voici les cinq lauréats de cet Innovathon en terre bastiaise, c’est l’équipe Moov’in Tempu qui a décroché le coup de coeur du jury.

  • Moov’in Tempu : l’équipe de Moov’in Tempu s’est attelée à créer un outil numérique qui permet de gérer le flux touristique sur les zones sensibles du territoire Sud Corse. Pour permettre aux visiteurs de mieux voyager, mieux découvrir les richesses du territoire et mieux consommer, l’outil numérique imaginé présentera une info de fréquentation en temps réel et des recommandations d’activités durables. L’ambition de l’équipe est de faire du territoire du Sud Corse un territoire touristique intelligent.
  • Ho’Carré : Ho’Carré est une plateforme d’échanges en circuit court entre producteurs et commerçants, avec l’utilisation d’un outil numérique pour faciliter l’ensemble des échanges commerciaux entre professionnels : commande et paiements en ligne, facturation automatisée. Une épicerie fine ou un restaurant peut, par exemple, s’approvisionner auprès d’un producteur local, de façon fluide et dématérialisée.
  • Gravelup : cette agence organise des expéditions à vélo, sous la forme de séjours clé en main, avec l’appui d’une flotte de vélos dont une partie est électrique. Au gré des trajets à vélo, le projet propose également des rencontres avec des producteurs locaux et autres expériences permettant d’apprécier tout ce qu’offre le territoire…
  • Hosta, capsule de vie : l’équipe d’Hosta a présenté une micro-architecture innovante pour répondre à deux types de besoins. Les personnes qui veulent camper mais ne souhaitent pas utiliser les sanitaires communs ; les touristes qui souhaitent profiter d’un moment de confort après leur journée de balade. Hosta souhaite allier ces demandes de confort et de durabilité dans les pratiques touristiques. Ces modules qui intègrent une cuisine et une salle de douche fonctionnent grâce à l’énergie solaire, avec un système de récupération d’eau. Les matériaux de construction de ces modules sont biosourcés. Chaque module est frugal en consommation énergétique et sans impact sur le terrain sur lequel il est déposé.
  • Odyssée du Cap Corse : le projet Odyssée du Cap Corse propose une alternative à la façon de découvrir le Cap Corse, en implantant quatre points stratégiques sur cette route, baptisés « Points Ulysse ». À chacun de ces points, les visiteurs sont invités à laisser leur véhicule pour voyager autrement ! Les visiteurs s’y verront proposer un ensemble de services. Un parking pour y déposer des véhicules, un service de conseils sur les visites à réaliser à proximité, une solution de portage de bagages ainsi qu’un moyen de mobilité douce : kayak, vélo, etc.

 

J.C

[CORSE-MATIN] 36 heures pour innover sur le thème du tourisme durable

Un Innovathon, a été lancé hier du côté du centre culturel de l’Alb’Oru, à Bastia. De nombreux partenaires, dont l’ATC et la CCI de Corse, étaient présents pour le coup d’envoi d’une opération destinée à faire émerger des projets concrets.

Où va-t-on et que veut-on en matière de tourisme en Corse ? C’est à cette question ambitieuse que l’association Emaho, appuyée par une ribambelle de partenaires* a lancé la réflexion voilà plus d’un an avec les ambassadeurs du tourisme durable.

Un projet inédit qui, après préfiguration et concertation, a entamé sa troisième phase, celle de l’Innovathon, dès hier à Bastia.

Jean Leccia, le président d’Emaho, explique ce cheminement : « II y a un an, sur ce même thème, nous avions réuni, sur un temps plus court de 8 h à 18 h, 130 personnes acteurs du tourisme. Nous les avons fait débattre dans des ateliers sur des thématiques, et l’idée était d’en sortir des défis, des problèmes à régler en matière de tourisme en Corse. Cela concerne des thèmes de déchets, de la sur fréquentation, la sacro-sainte question de l’étalement de la saison. Il a été évoqué aussi le tourisme culturel, la volonté également de mieux se connecter aux habitants, de rencontrer des artistes, des artisans, et pourquoi pas d’aller voir traire les chèvres ».

Et c’est ainsi, qu’hier, quatorze équipes encadrées par des coaches se sont mises à table pour cet Innovathon qui promet de faire émerger des projets. Ces derniers se veulent en phase avec les acteurs économiques et touristiques, pour un tourisme résilient face au changement climatique. C’est donc du défi de la créativité qu’il était question, hier, au centre culturel l’Alb’Oru.

Un Innovathon qui, durant trois jours, veut offrir des solutions locales aux grands enjeux du tourisme en général.

« Faire de la Corse, un territoire exemplaire…»

Linda Piperi, adjointe au maire de Bastia et présidente de l’Office de Tourisme Intercommunal de Bastia, a donné le ton de cette manifestation. « C’est une belle expérience de réflexion commune, car, aujourd’hui, il est proposé de faire appel à l’intelligence collective, afin de fédérer autour d’un projet commun, celui d’accélérer vers un tourisme durable, s’organiser autour d’un tourisme responsable. Nous sommes tous conscients qu’il y a urgence dans ce domaine. Nous devons trouver des solutions, échanger pour repenser notre modèle, faire de la Corse, un territoire exemplaire. Il faut penser ce tourisme maîtrisé, pour voyager mieux, donner un sens au voyage. Nous sommes ici aujourd’hui pour imaginer des solutions concrètes et applicables par toute la filière. »

Tous les partenaires ont évoqué les enjeux et notamment le premier vice-président de la CCI de Corse, Pierre Orsini, qui avant de se mettre autour d’une table de l’Innovathon, a souligné l’ambition d’aller vers « un tourisme responsable. L’impact de la crise sanitaire a été encore plus important en Corse, car le tourisme pèse 30 % du PIB, et les dégâts sont immenses. Aujourd’hui il faut anticiper sur le monde d’après, travailler aussi sur l’attractivité. »

Angèle Bastiani, la présidente de l’Agence de tourisme de la Corse, a trouvé les mots justes pour encourager ce type de manifestation. « Nous tenons à soutenir de manière active les acteurs locaux qui s’investissent avec passion pour apporter leur pierre à l’évolution durable du premier secteur économique de notre île. L’ATC, et par sa voix, la Collectivité de Corse, se réjouit de participer à cette démarche collective qui sera, à n’en pas douter, porteuse d’idées, de réflexions et de solutions innovantes. De ces journées de travail et de réflexion naîtront des projets et des idées mûries, challengées, maturées, dans tous les secteurs ».

Angèle Bastiani, par ailleurs maire de L’Ile-Rousse, connaît parfaitement les problématiques touristiques. Elle sait aussi que les idées peuvent germer mais tous les projets ont besoin de bras pour les porter : « À l’issue de cette première édition de l’Innovathon, sachez que l’équipe d’ingénierie de I’ATC mettra toute son expertise au service des lauréats, mais également de tout porteur de projet s’inscrivant dans une démarche de développement durable pour la Corse… »

JO CERVONI

*L’ATC, la CCI de Corse, l’Ademe, la Banque des territoires, Atout France, E-Motum

[CORSE-MATIN] La Corse représentée au congrès national des buralistes

Alignement des fiscalités corse et continentale sur le tabac, mutation de la profession dans un contexte de lutte contre le tabac, les buralistes corses ont eu de quoi débattre lors du congrès national, et des deux jours de salon qui ont suivi.

Les buralistes corses se battent aujourd’hui sur deux fronts distincts : celui de la fiscalité, dont les avantages insulaires sont appelés à prendre fin, et celui de la mutation d’une profession qui doit se réinventer, dans un contexte où la cigarette a consumé ses belles années.

Sur la fiscalité tout d’abord. Le prix du tabac a flambé ces dernières années, dépassant le seuil symbolique des 10 € sur le Continent, et les 8 € dans l’île.

Mais, à partir du 1er janvier 2022, cette fiscalité va progressivement s’aligner sur celle en vigueur de l’autre côté de la Méditerranée : « En juin 2019, j’avais réussi à négocier que cette hausse soit progressive. Entretemps, le Covid est passé par là, et la saison 2020 a été catastrophique pour les 214 buralistes de l’Ile, expose José Oliva, président de la fédération Corse. C’est pourquoi nous avons essayé de négocier un délai. Cela faisait d’ailleurs partie des amendements présentés par le député Michel Castellani, mais ils ont été rejetés. Nous ne renonçons pas pour autant, et je continue le travail de terrain, j’ai notamment rencontré le député européen Younous Omarjee lors de sa venue à Bastia, car La fiscalité dépend de l’Europe, et la France paye chaque année une amende pour la Corse. »

Une bataille appuyée par le président de la fédération nationale, Philippe Coy, réélu pour quatre ans vendredi lors du congrès.

Une hausse de 5% par an pendant 5 ans

Les demandes concernant la fiscalité du tabac ne portent pas uniquement sur les cigarettes. En effet, le tabac se consomme sous différentes formes, notamment à mâcher ou, plus récemment, à chauffer. « Actuellement en France, les taxes qui pèsent sur un kilo de tabac à chauffer sont deux fois supérieures à celles sur un kilo de tabac à rouler. Cela est dû à une classification par défaut du tabac à chauffer dans la catégorie fiscale « autres tabac à fumer » (..). Les taxes, et par conséquent le prix de vente du tabac à chauffer en France, sont de loin les plus élevées d’Europe. L’autre exemple de produit à risques réduits qu’est la cigarette électronique a connu en France un développement important en bonne partie du fait de l’absence de taxation (hors TVA), qui permet d’en faire une alternative financièrement attractive pour les fumeurs », précisait l’amendement déposé par Michel Castellani, Charles de Courson et Frédérique Dumas, rejeté le 7 octobre.

La Corse devra donc s’aligner sur le continent, mais ce sera de manière progressive. En effet, l’accord négocié par José Oliva prévoit une hausse de 5% par an pendant cinq ans, soit une hausse de 25%. Le délai demandé d’un an, soit une hausse qui ne commencerait qu’au 1er janvier 2023, a été rejeté : « Au bout des cinq ans, nous serons donc à 95 % de la fiscalité nationale. Il nous restera quand même 5% », tempère le président.

Une profession en mutation

Le buraliste de 2021 n’a plus grand-chose à voir avec ses prédécesseurs du siècle dernier. La lutte contre le tabac notamment a fait muter leur profession, particulièrement en Corse, où la fiscalité avantageuse en faisait un produit fort prisé lors de la saison touristique. « La Corse est le meilleur élève à ‘échelle nationale en ce qui concerne la transformation des bureaux de tabac, avec 59 des 214 buralistes qui ont déjà effectué cette mutation. C’est notre métier qui change. De débitant de tabac, nous devenons un commerce de proximité », explique José Oliva.

Les jeux sont évidemment l’autre produit phare de ces magasins, mais pas seulement. Produits dérivés, carterie, timbres-poste et fiscaux, paiement d’amendes mais aussi, et peut-être surtout, retrait de colis, le buraliste est désormais à la fois un commerçant et un prestataire de services. « Les colis nous rapportent quelques centaines d’euros par mois, à raison d’une petite centaine de paquets par jour, mais c’est surtout un bon moyen de créer du trafic en faisant entrer les clients, qui peuvent alors s’intéresser à d’autres produits. »

« La CCI nous accompagne dans cette mutation en proposant une aide allant jusqu’à 30 % du montant des travaux, ou 33 000 €. Il est vrai que c’est plus difficile pour certains buralistes du rural, qui sont parfois âgés, mais c’est un investissement nécessaire pour pérenniser son commerce et éventuellement le revendre pour sa retraite ou le transmettre à ses enfants. »

Un président très impliqué, qui siège de nouveau au conseil d’administration de la fédération nationale, et un métier qui semble relativement bien négocier son virage, les buralistes corses ont sans nul doute eu de quoi trouver de nouvelles inspirations lors de ce salon, et pour les années à venir.

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EN CHIFFRES

  • 5 % de hausse de la fiscalité chaque année pendant cinq ans à partir du 1er janvier 2022.
  • 214 buralistes enregistrés en Corse. 59 ont déjà effectué les travaux de transformation, 37 en Haute-Corse et 22 en Corse-du-Sud.
  • 30 % des travaux de transformation peuvent être pris en charge par la CCI

ISABELLE LANCON-PAOLI

[CORSE-MATIN] L’Ile- Rousse : plusieurs alternants recrutés dans des commerces de la ville

La CCI de Corse et les commerçants de la ville, sous l’impulsion de l’association Compru in Balagna et avec le soutien de la municipalité, proposent aux jeunes de la Mission locale une formation d’un an en alternance pour devenir vendeur ou conseiller commercial.

La perspective d’une formation en alternance pour devenir vendeur ou conseiller commercial prend une tournure très concrète à L’Ile-Rousse. Une dizaine de jours seulement après la présentation du cursus, pas moins de huit candidats ont poussé, hier matin, la porte du « job dating » organisé dans la salle des actes de la mairie.

L’association de commerçants Compru in Balagna est à l’initiative, dans le cadre de sa stratégie de digitalisation du commerce. La Chambre de commerce et d’industrie de Corse assure le volet formation théorique de cette formation diplômante de niveau bac. Les commerçants et artisans de la ville sont donc invités à recruter leur alternant, pour une durée d’un an, avec la promesse d’une aide financière d’État couvrant la quasi-totalité du salaire de l’apprenti, soit 8 000 euros. Enfin, la municipalité de Lisula se veut être un soutien actif en hébergent gratuitement le job dating ainsi que l’intégralité de la formation dans ses locaux du centre Jean-Simi.

Une préparation qui a porté ses fruits

Tous les ingrédients semblent réunis. Les jeunes candidats sont tous inscrits à la Mission locale rurale de Haute-Corse. De jeunes majeurs, âgés de 18 ans à 21 ans, très motivés à l’idée d’acquérir rapidement des compétences professionnelles et d’être rémunérés dans le cadre de leur apprentissage.

Plusieurs entreprises se sont montrées intéressées par le recrutement d’un alternant. C’est le cas du Weldom de L’Ile-Rousse, de l’animalerie Terranimo, du Spar du centre-ville, de la boutique Instant création, de la boutique Verso ou encore de la boulangerie Spiga. Autant de contrats à décrocher. Deux avaient d’ores et déjà été signés, hier midi, au sortir du job dating.

« Les recruteurs ont eu d’excellentes surprises en rencontrant des jeunes motivés, aux profils intéressants, décidés à s’engager dans la vie active et c’est donc de très bon augure pour la formation qui se profile, se félicite Nicolas Costa, recruteur et cofondateur de l’association Compru in Balagna. Les jeunes qui n’auront pas été pris peuvent encore continuer à démarcher de leur côté. Il leur reste un mois pour trouver une entreprise et un maitre de stage avant d’entrer en formation. »

Le directeur de l’enseignement et de la formation à la CCI de Corse, Pascal Agostini, se satisfait également du bilan de la matinée : « Il y a 15 jours, nous étions venus avec le challenge de monter un job dating sur une formation en apprentissage. Des contrats se concrétisent et le groupe Balagne va pouvoir être monté avec 5 à 8 alternants dans les commerces de la ville, cet hiver, avec tout ce que cela comporte comme nouveautés dans la manière de travailler. À présent, aux chefs d’entreprise de se montrer pédagogues et formateurs. »

Le rôle de ces futurs alternants ne se limite pas à de la vente en boutique puisqu’un rôle de commercial itinérant ou encore de conseiller commercial auprès d’entreprises artisanales leur est aussi destiné. En résumé, la formation leur laisse de nombreuses possibilités.

« Nous avons vu plusieurs employeurs qui nous ont proposé plusieurs types de postes ou de formation en alternance », relatent Catherine et Angelina deux candidates. La première a une préférence pour la boutique Instant création, ou alors le Spar, tandis que la seconde a eu un coup de cœur pour l’animalerie.

Leur encadrant à la Mission locale, Antoine Petit, a le sentiment du devoir accompli : « Les candidats ont fait une très bonne impression parce qu’ils étaient préparés à des entretiens d’embauches. Ils se sont renseignés, ils sont donc venus avec du savoir et de l’aplomb. Ils connaissent les bases du monde de l’entreprise, les fautes à ne pas commettre et savent montrer leur motivation. »

La formation de vendeur doit débuter fin novembre.

JEAN FRANCOIS PACELLI